© Pyramide Films – Yalda, la nuit du pardon / Allocine

Certaines émissions de télé-réalité étrangères sont bien loin de ce que l’on a l’habitude de voir sur nos chaînes locales. Le réalisateur iranien, Massoud Bakhshi, s’est inspiré de l’une d’elles pour son film « Yalda, la nuit du pardon ».

Yalda, la nuit du pardon

Yalda, la nuit du pardon s’inspire d’un talk-show, Mah-é Asal qui signifie “La Lune de miel” en persan. Suivie par des millions de téléspectateurs, l’émission en question a été diffusée entre 2007 et 2018 en Iran. Les condamnés à mort doivent obtenir le pardon de la famille dont ils ont tué un proche. Et si le pardon est accordé, les sponsors versent « le prix du sang » à la famille de la victime. Il s’agit d’une somme d’argent à verser en compensation.

Dans son film « Yalda, la nuit du pardon », le réalisateur Massoud Bakhshi raconte l’histoire d’une jeune femme de 22 ans nommée Maryam. Ayant tué accidentellement son mari Nasser de 65 ans, elle est condamnée à mort par la justice civile. Son seul espoir de survie est d’obtenir le pardon de Mona, la fille unique de Nasser. Cependant, au lieu d’implorer son pardon comme le lui conseille sa mère, Maryam préfère faire des révélations que Mona ne veut clairement pas entendre.

De son côté, Maryam est une jeune femme issue d’une famille modeste tandis que Mona est une riche héritière. Entre révélations, rebondissements et suspense, l’audimat explose très vite. Par ailleurs, les téléspectateurs ont également leur mot à dire. Entre deux plages de pub, l’animateur les invite notamment à taper 1 pour la vie et taper 2 pour la mort. Massoud Bakhshi, à travers ce film, pousse à l’extrême le concept de Mah-é Asal mais veut également dénoncer la lutte des classes iraniennes.

Le réalisateur iranien a dramatisé les scènes

Massoud Bakhshi raconte comment lui est venue l’idée de faire son film. « Un ami à moi m’avait dit : tu as vu cette émission de télé-réalité ? Je ne l’avais jamais vue, j’ai regardé un épisode et puis j’ai décidé de faire ce film largement inspiré de l’une de ces histoires. C’était une émission où il s’agissait de promouvoir Yalda, la nuit la plus longue de l’année, pendant le mois du Ramadan. J’ai, pour les besoins du film, un peu dramatisé les scènes, mais l’épisode que j’avais vu m’avait bouleversé. Dans cette histoire, une jeune femme est injustement condamnée à mort, et il s’agit de la sauver. »

Interrogé par 20 Minutes, le réalisateur explique que la véritable émission tournait autour du pardon et ne confrontait pas les coupables et victimes dans un face-à-face. En outre, il confie qu’il a également inventé le fait que le public puisse voter pour la vie ou la mort par SMS. « Bref, j’ai tout exagéré, mais plusieurs amis m’ont dit, mi-figue mi-raisin, que je devrais déposer le concept de l’émission qui pourrait être exploité, notamment aux États-Unis », a-t-il insisté.

Le film « Yalda, la nuit du pardon » a été diffusé en salles le 7 octobre dernier. Grand prix du jury au dernier festival de Sundance, il a reçu le soutien de Pictanovo, l’organe de production de la région Hauts-de-France.

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