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Si nous avons longtemps considéré nos ancêtres comme des espèces primitives dotées d’une intelligence limitée, il se pourrait que nous ayons finalement tout faux. En effet, si les espèces humaines qui nous ont précédés ne disposaient pas de nos connaissances actuelles, des recherches prouvent néanmoins que celles-ci disposaient d’une capacité de réflexion et d’abstraction poussée, aujourd’hui amoindrie par notre rapport à la technologie selon certains spécialistes.

Des ancêtres moins primitifs que prévu

À l’image de la théorie évolutionniste largement relayée par Darwin, nous avons toujours visualisé nos aïeux comme des êtres moins aboutis que ceux que nous sommes devenus aujourd’hui. Et si nous avions eu tort sur toute la ligne ? Même s’il reste difficile d’évaluer les capacités cognitives de nos ancêtres pour les comparer à celles de l’Homme d’aujourd’hui, certains indices laissent néanmoins à penser que leur intelligence et leur débrouillardise constituaient une forme d’intelligence pratique bien plus utile et étendue que celle à laquelle nous pouvons prétendre de nos jours.

Bien que la taille du cerveau ne soit pas proportionnelle aux capacités cognitives d’un individu, des crânes humains datant d’il y a 30 000 ans suggèrent néanmoins que « les hommes vivant à cette époque possédaient des cerveaux de 15 à 30 % plus volumineux que ceux des Homo sapiens que nous sommes devenus », comme le souligne l’anthropologue Antoine Balzeau, du Muséum national d’histoire naturelle.

Si ces découvertes morphologiques sont trop peu significatives pour lever le voile sur les capacités intellectuelles des hommes nous ayant précédés, les études sociales et anthropologiques menées sur ces populations suggèrent néanmoins que nos ancêtres néandertaliens présentaient des capacités cognitives susceptibles de bousculer toutes nos idées reçues.

Leur comportement et leur savoir-faire en disent long sur l’intelligence dont ils pouvaient faire preuve : individus sociables, capables d’organiser une vie en société, ils maîtrisaient le feu avec brio, et confectionnaient même des armes très sophistiquées (massues, épieux, armes de jet, couteaux…) voire des bijoux, à l’aide de coquillages et de divers ossements. De plus, les Néandertaliens étaient à même d’utiliser divers colorants dans le but de modifier l’apparence de leur peau, une capacité qui semble prouver qu’ils « possédaient la même capacité symbolique, imaginative et créative que l’Homme moderne », selon João Zilhão, de l’université de Barcelone. La découverte de sépultures néandertaliennes renfermant des offrandes et présentant un véritable traitement des squelettes, faisant écho à une sorte de cérémonie, a également bouleversé notre vision de l’Homme de Néandertal. Selon Antoine Balzeau, « cette relation métaphysique avec la mort montre qu’ils possédaient une capacité de réflexion et d’abstraction poussée ».

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D’une intelligence à une autre ?

Au fil de l’évolution de notre espèce, l’intelligence pratique dont faisaient preuve les Hommes de Néandertal nous a permis de nous développer et de survivre en tant qu’espèce intelligente… une forme d’intelligence disparue aujourd’hui ?

Délaisser la pratique pour la technique nous a cependant permis de nous développer tels que nous apparaissons aujourd’hui. Comme le suggère cette étude, le développement de la parole n’est peut-être pas lié à nos capacités cognitives… mais plutôt à notre conception progressive d’outils de broyage des aliments ! Réduisant ainsi la taille de nos dents et révolutionnant l’apparence de notre mâchoire, elle nous aurait en fait permis de développer une physionomie propice au développement de la parole.

Mais malgré les progrès technologiques réalisés depuis, notre intelligence se développe-t-elle réellement ? Selon Gerald Crabtree de la faculté de médecine de l’université de Stanford, il est plus que certain que non. « Je parie que si un citoyen de l’Athènes de 1000 ans avant notre ère apparaissait soudain parmi nous, il serait considéré comme l’un des plus brillants et des plus intelligents de nos congénères. Nous serions surpris par sa capacité de mémorisation, le large éventail de ses idées, et la clairvoyance de sa vision concernant les sujets majeurs. Il pourrait également s’avérer être la personne la plus émotionnellement stable de notre entourage. »

Selon sa théorie, des activités considérées comme « intellectuelles » aujourd’hui, comme la pratique des échecs, seraient en réalité beaucoup moins difficiles et techniques que les concepts pourtant utiles à notre survie, comme la construction d’une maison. L’argument alors avancé ? S’il est tout à fait possible de faire assimiler le concept des échecs à un ordinateur, il demeure en revanche impossible de demander à une machine quelle qu’elle soit de réaliser la construction d’un habitat.

Ainsi, l’intelligence globale de notre espèce pourrait ne pas s’accroître, mais bel et bien diminuer, et ce malgré les diverses avancées technologiques. Cette théorie, bien qu’incomplète en raison du manque de données précises pour mesure la réelle évolution de l’intelligence de notre espèce, reste intéressante à considérer. Si la technologie que nous connaissons aujourd’hui était amenée à disparaître, ceux que nous considérons comme les plus grands génies de notre temps suffiraient-ils à assurer notre survie ?

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Logique : ils devaient s’adapter, vivre et inventer avec très peu de moyens, dans un milieu ambiant totalement hostile (animaux, nature…); ils étaient donc au moins très débrouillards ! Pour notre part, à part utiliser des millénaires de développements technologiques, lequel d’entre nous serait capable de les reproduire et/ou de… Lire la suite »