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« Fais confiance à ton instinct », nous sommes nombreux à déjà avoir entendu ce conseil quelque part. Des chercheurs s’y sont alors intéressés, spécialement pour lutter au mieux contre la propagation de la désinformation autour du Covid-19. Quel lien peut-il y avoir entre l’instinct ou l’intuition et la propagation des informations erronées sur la pandémie de Covid-19, vous demanderiez-vous ? Vous allez tout de suite le découvrir.

La pensée analytique demande un effort conscient pour remettre en question les informations lues

La nouvelle étude révèle que la pensée analytique peut grandement prévenir et lutter contre la propagation de la désinformation. Cela n’aurait rien à voir avec l’intellect mais plutôt avec un effort conscient pour ne pas prendre de décision dans l’immédiat ou dans la précipitation.

Matthew Nurse, un chercheur en sciences sociales auprès de l’université nationale australienne (ANU) et qui dirige l’étude, a déclaré qu’« une dépendance à l’intuition pourrait être au moins en partie responsable de la propagation de la désinformation sur le Covid-19 ». Ainsi, « encourager les gens à réfléchir à deux fois avant de partager pourrait également ralentir la propagation de fausses allégations ».

Pour les chercheurs, des compétences en pensée analytique aideraient les gens à voir que les fausses informations sont inexactes, trompeuses et nuisibles. Les chercheurs écrivent dans leur article publié dans Memory & Cognition qu’« il est important de mieux comprendre ces prédicteurs de croyances sur le Covid-19 car les personnes qui croient en la désinformation sur le Covid-19 sont moins susceptibles de suivre les conseils de santé publique conçus pour atténuer la propagation de cette maladie ».

Cependant, la pensée analytique ne serait pas évidente à mettre en pratique. Elle est lente et délibérée et fait appel à notre mémoire de travail pour évaluer les informations sous un œil critique. Les chercheurs reconnaissent ainsi qu’ignorer la pensée intuitive demande un certain effort. D’après Nadia Naffi, chercheuse en médias numériques à l’université Laval, les gens pourraient « s’accrocher à des explications simplistes plutôt que de déchiffrer des informations complexes dans un environnement chaotique ».

Les penseurs analytiques sont moins susceptibles de tomber dans le filet de la désinformation

Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont donné dix déclarations à des volontaires. Les cinq premières déclarations sont des affirmations démystifiées sur les origines du Covid-19 ou des vaccins. Les cinq autres sont des messages de santé publique sur la manière de réduire la propagation du Covid-19 et de protéger les personnes vulnérables.

Les personnes ayant des compétences analytiques supérieures, mesurées à travers un test de réflexion cognitive standard, étaient moins susceptibles de considérer les allégations Covid-19 démystifiées comme exactes ou méritant d’être partagées. Elles parvenaient également à mieux discerner les vraies déclarations sur le Covid-19 par rapport aux personnes qui ont fourni des réponses intuitives mais fausses.

Les chercheurs concluent ainsi que « la pensée analytique joue un rôle important ». Désormais, « les communicateurs scientifiques devraient inciter les gens à réfléchir aux affirmations qu’ils ont entendues au sujet du Covid-19 et pas seulement à l’instinct », rapporte Science Alert.

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