Les Chinois font partie des plus grands investisseurs en Inde, pourtant le gouvernement indien a décidé d’imposer des règles plus strictes pour ces derniers. Cette nouvelle mesure ne concerne cependant pas uniquement les Chinois, mais tous les investisseurs venant des pays frontaliers. Ainsi, toutes les personnes ou entreprises voulant investir en Inde devront passer par l’approbation du gouvernement.

Une décision pour protéger les entreprises affectées par l’épidémie de coronavirus

L’effort du gouvernement pour mettre l’industrie indienne à l’abri des acquisitions opportunistes de la Chine pourrait grandement limiter l’accès aux investissements chinois dans le monde post Covid-19. En effet, le ministère de l’Industrie a annoncé dans des notes de presse de grands changements dans sa politique d’investissement étranger direct (IED). Il est désormais exigé que le gouvernement autorise toutes les entrées d’investisseurs en provenance de pays avec lesquels il partage des frontières terrestres.

« Le gouvernement a revu la politique actuelle d’investissement étranger direct pour limiter les prises de contrôle/acquisitions opportunistes d’entreprises indiennes en raison de la pandémie actuelle de Covid-19 », a clairement déclaré le ministère du Commerce dans le communiqué. Il est à savoir que la Chine investit beaucoup de fonds dans le pays dans le domaine de la technologie, l’énergie renouvelable et l’automobile. La majorité des meilleures start-up indiennes, dont Paytm, Snapdeal, OYO Rooms, Ola, Swiggy, Zomato et BigBasket, sont soutenues par des investisseurs chinois tels que Alibaba, Tencent et Ant Financial.

— Almazoff / Shutterstock.com

Une crainte d’un excès d’opportunisme de la part de la Chine

Cette décision concernant la modification de la politique IDE intervient à un moment où des informations sans cesse croissantes ont prouvé que la Chine tentait d’acquérir des entreprises en difficulté dans des secteurs stratégiques à l’échelle mondiale. Auparavant, des règles similaires, mais moins contraignantes, étaient déjà appliquées à certains pays comme le Pakistan et le Népal. Avec cette nouvelle politique, l’Inde s’aligne donc sur l’Italie, l’Allemagne, l’Australie et l’Espagne pour protéger leurs entreprises affaiblies par la pandémie de Covid-19 des prises de contrôle et des acquisitions hostiles.

Mais ces nouvelles mesures sont surtout similaires à celles des États-Unis dans le fait d’appliquer les nouvelles restrictions à tous les secteurs, et pas uniquement à ceux qui sont habituellement jugés sensibles en Inde, comme les banques ou le domaine pharmaceutique. Cela concerne également toutes les formes de transactions financières d’investissement qui sont affectées par les nouvelles limitations. Le communiqué indique notamment que la nouvelle règle s’applique aussi sur « le transfert de propriété de tout investissement étranger direct existant ou futur dans une entité en Inde, directement ou indirectement ».

La réponse de la Chine face à la nouvelle politique IDE

La Chine n’a pas tardé à réagir à cette nouvelle politique restrictive. Les autorités chinoises ont déclaré que la nouvelle politique violait les normes commerciales mondiales. Dans un tweet, le porte-parole de l’ambassade chinoise Ji Rong a ainsi déclaré : « L’investissement chinois soutient le développement de l’industrie en Inde, crée des emplois et favorise la coopération gagnant-gagnant. Nos entreprises aident activement l’Inde à lutter contre le Covid-19. J’espère que l’Inde révisera les pratiques discriminatoires et favorisera un environnement commercial ouvert, juste et équitable. »

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