Cet implant rétinien a restauré la vue de rats aveugles

Les scientifiques ont mis au point un implant rétinien qui peut restaurer la vision perdue chez les rats, et prévoient d’essayer la procédure chez les humains plus tard cette année. Cet implant, qui convertit la lumière en un signal électrique qui stimule les neurones de la rétine, pourrait donner de l’espoir à des millions de personnes qui éprouvent une dégénérescence rétinienne, y compris la rétinite pigmentaire.

Qu’ont développé les chercheurs pour combattre les dégénérescences rétiniennes ?

La rétine est située à l’arrière de l’œil et se compose de millions de photorécepteurs sensibles à la lumière. Toutefois, de multiples causes, dont la mutation de gènes, peuvent conduire à une dégénérescence rétinienne où les cellules photoréceptrices meurent, même si les neurones de la rétine autour d’eux ne sont pas affectés.

En travaillant sur les nerfs de la rétine intacts et fonctionnels, des chercheurs avaient examiné le traitement de la rétinite pigmentaire avec des dispositifs oculaires bioniques qui stimulent les neurones avec des lumières, tandis que d’autres scientifiques avaient étudié l’édification de gènes CRISPR pour réparer les mutations qui causent la cécité.

Dégénérescence maculaire liée à l’âge

Qu’en est-il de cet implant ?

Désormais, une équipe dirigée par l’Institut italien de technologie a développé une nouvelle approche, avec une prothèse implantée dans l’œil qui sert de remplacement pour une rétine endommagée.

L’implant est réalisé à partir d’une couche mince de polymère conducteur, placé sur un substrat à base de soie et recouvert d’un polymère semi-conducteur. Le polymère semi-conducteur agit comme un matériau photovoltaïque, absorbant les photons lorsque la lumière entre dans la lentille de l’œil. Lorsque cela se produit, l’électricité stimule les neurones de la rétine, remplissant l’espace laissé par les photorécepteurs naturels mais endommagés de l’œil.

Rétinite pigmentaire

Comment l’ont-ils expérimenté ? Qu’ont-ils constaté ?

Pour tester le dispositif, les chercheurs ont implanté la rétine artificielle dans les yeux des rats élevés pour développer une dégénérescence rétinienne, appelés Royal College of Surgeons (RCS) rat. Après que les rats aient guéri de l’opération 30 jours plus tard, les chercheurs ont testé à quel point ils étaient sensibles à la lumière ( on parle de réflexe pupillaire) par rapport aux rats sains et aux rats RCS non traités.

À la faible intensité de 1 lux, c’est-à-dire un peu plus brillant que la lumière d’une pleine lune, les rats traités n’étaient pas beaucoup plus réactifs que les rats RCS non traités. Mais quand la lumière a augmenté à environ 4-5 lux, à l’image d’un ciel sombre crépusculaire, la réponse pupillaire des rats traités était en grande partie indiscernable des animaux en bonne santé.

Lorsqu’ils ont réanalysé les rats à 6 et 10 mois après la chirurgie, l’implant était encore efficace, bien que tous les rats des essais (y compris les rats traités, les animaux sains et les témoins RCS) étaient devenus plus âgés.

Des résultats prometteurs, principe du fonctionnement détaillé incertain

À l’aide de la tomographie par émission de positrons (PET) pour surveiller l’activité cérébrale des rats pendant les tests de sensibilité à la lumière, les chercheurs ont remarqué une augmentation de l’activité du cortex visuel primaire, qui traite l’information visuelle. D’après les résultats, l’équipe conclut que l’implant active directement des « circuits neuronaux résiduels dans la rétine dégénérée », mais d’autres recherches seront nécessaires pour expliquer exactement comment la stimulation fonctionne à un niveau biologique.

Bien qu’il n’y ait aucune garantie que les résultats vus chez les rats seront les mêmes chez l’Homme, il y a de l’espoir. « Nous prévoyons de réaliser les premiers essais humains au cours du second semestre de cette année et recueillir des résultats préliminaires en 2018. Cet implant pourrait être un tournant dans le traitement des maladies rétiniennes extrêmement débilitantes », explique l’ophtalmologiste Grazia Pertile du Sacré-Coeur de Don Calabria à Negrar, en Italie.

Cet implant sera testé sur l’homme durant le second semestre 2017 via Deposithotos

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