Le VIH est un virus insidieux, capable d’hiberner à l’intérieur de cellules infectées, prêt à frapper de nouveau dès l’arrêt du traitement. Récemment, des chercheurs ont identifié un moyen de réduire ces réservoirs viraux via la modification d’une approche immunothérapique permettant de « renforcer » les cellules immunitaires.

S’appuyer sur les cellules CAR-T pour détruire les réservoirs du VIH

Bien que le VIH soit toujours une maladie mortelle, il peut être maîtrisé grâce à la thérapie antirétrovirale (ART). Un traitement impliquant la prise quotidienne de médicaments qui neutralisent le virus, mais ne permettent pas de l’éliminer complètement de l’organisme. Des copies de ce dernier peuvent en effet se dissimuler dans le génome des cellules infectées, se tenant prêtes à émerger à nouveau si le traitement antirétroviral est interrompu. Par conséquent, s’attaquer à ces réservoirs viraux pourrait constituer la clé d’un possible remède.

Dans le cadre de ces travaux présentés dans la revue Nature Medicine, des chercheurs du Massachusetts General Hospital ont modifié une méthode d’immunothérapie contre le cancer afin d’éliminer spécifiquement les réservoirs du VIH. S’appuyant sur l’utilisation des lymphocytes T à récepteur d’antigène chimérique (CAR), celle-ci consiste à prélever des cellules immunitaires chez un patient, à les modifier pour qu’elles s’attaquent à un certain type de cellules, puis à les réinjecter dans l’organisme pour traquer et combattre la maladie.

Pour cette nouvelle étude, l’équipe a conçu un nouveau type de cellule T ciblant spécifiquement le VIH. Pour ce faire, ceux-ci ont modifié les lymphocytes T afin qu’ils expriment deux types différents de CAR (les récepteurs se liant à la cible). Chacun de ces récepteurs possède une protéine CD4 qui lui permet de cibler le VIH, ainsi que l’un des deux « domaines de co-stimulation » qui renforcent sa fonction. Le premier contribue à favoriser la prolifération et la persistance des lymphocytes T, tandis que le second l’aide à détruire plus efficacement les cellules infectées. Enfin, une protéine appelée C34-CXCR4 empêche le virus d’infecter les cellules T modifiées.

— Kateryna Kon / Shutterstock.com

Des résultats impressionnants chez les souris traitées

Les résultats des expériences menées par les chercheurs sur des souris ont montré que ces cellules CAR-T modifiées se révélaient particulièrement efficaces pour détruire les cellules infectées, pouvaient se répliquer efficacement et persister longtemps dans le corps, et étaient au moins partiellement résistantes à l’infection par le VIH. Chez les rongeurs infectés, cette double thérapie entraînait une réplication plus lente du VIH, qui infectait moins de cellules que chez les spécimens non traités. Avec des quantités réduites du virus et davantage de cellules CD4+ survivantes, que le VIH attaque généralement, découvertes dans le système sanguin des premiers cités.

Associée à un traitement antirétroviral conventionnel, cette forme d’immunothérapie permettait de neutraliser le virus encore plus rapidement et de réduire de façon visible les réservoirs viraux, par rapport aux souris ayant uniquement reçu des antirétroviraux.

« En raison de la capacité de ces cellules CAR-T doubles à réduire la charge du VIH dans une variété de tissus et de types de cellules, y compris les cellules T CD4+ à mémoire prolongée, nous pensons qu’elle soutient l’approche consistant à utiliser cette forme de thérapie comme un nouvel outil pour cibler les réservoirs du VIH en vue d’une guérison fonctionnelle de la maladie », déclare Todd Allen, co-auteur de l’étude.

S’il reste encore beaucoup de travail aux chercheurs avant de pouvoir envisager la mise en place d’essais cliniques, ces derniers affirment que cette avancée pourrait non seulement conduire à un nouveau traitement du VIH, mais aussi améliorer l’utilisation des cellules CAR-T pour traiter le cancer.

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