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Étroitement suivie par les chercheurs depuis sa libération dans les eaux de l’Antarctique il y a cinq ans, la masse de glace mesurant à l’origine plusieurs milliers de kilomètres carrés s’est évanouie dans l’Atlantique Sud.

Clap de fin pour l’iceberg A-68

Longtemps considéré comme le plus grand au monde, l’iceberg géant A-68 (5 800 kilomètres carrés) s’était détaché de la plateforme glaciaire antarctique Larsen C en 2017. Ballottée dans les eaux de l’Atlantique Sud, la masse de glace avait rapidement commencé à se fissurer sous l’effet des températures plus chaudes et des vagues. De récentes observations ont révélé que les morceaux générés au fil des années s’étaient désormais fragmentés en blocs trop petits pour être suivis. Selon le Centre national des données sur la neige et la glace américain, le plus gros fragment ne mesurait plus que 5,5 km sur 3,7 km le 16 avril dernier.

En fin d’année dernière, l’analyse des données satellites et de la trajectoire d’A-68 avait fait craindre aux scientifiques que l’iceberg ne s’immobilise dans les eaux peu profondes de l’île de Géorgie du Sud et n’impacte lourdement la faune locale, composée de milliers de pingouins et de phoques. Selon les spécialistes, un tel évènement aurait pu empêcher les spécimens adultes de subvenir aux besoins de leurs petits et bouleverser durablement l’écosystème des fonds marins.

Au cours de son long périple, l’immense masse de glace était devenue une véritable star des réseaux sociaux. « A-68 a attiré l’attention de beaucoup de personnes différentes », souligne Laura Gerrish, du British Antarctic Survey. « Nous avons pu suivre sa progression avec des images satellites quotidiennes, à un niveau de détail que nous n’avions pas été capables d’avoir auparavant. »

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Un impact sur la biodiversité suivi de près

Bien que le climat rigoureux de l’Antarctique ait rendu la tâche difficile, une équipe de chercheurs du British Antarctic Survey avait tenté d’atteindre le site du vêlage en 2018, afin de collecter des échantillons du fond marin et de déterminer l’impact d’un tel évènement sur les écosystèmes locaux. Mais une épaisse glace de mer avait empêché la mission d’être menée à bien. Une seconde tentative réalisée un an plus tard avait connu la même issue.

En février dernier, les chercheurs s’étaient rendus sur l’île de Géorgie du Sud et avaient déployé deux robots marins dans les eaux environnantes afin de déterminer dans quelle mesure de l’afflux d’eau froide et douce issue de la fonte des fragments d’A-68 affectait l’écosystème local. Bien que l’un des dispositifs ait depuis été perdu, l’autre sera récupéré en mai et ses données analysées.

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