Une équipe de chercheurs du MIT et du Massachusetts General Hospital (MGH) a mis au point un système d’intelligence artificielle capable de prédire le risque du cancer du sein d’une patiente jusqu’à cinq ans avant son apparition sur les imageries. Une nouvelle révolutionnaire dans les traitements préventifs de ce cancer qui touche une femme sur huit au cours de sa vie en France.

L’apparition des IA dans les soins

L’algorithme, développé par les chercheurs de l’université de Cambridge aux États-Unis, semble apporter un atout de poids dans la lutte contre le cancer du sein. Les travaux des chercheurs ont été publiés dans la revue Radiology. « Si validé et rendu disponible pour une utilisation généralisée, cela pourrait vraiment améliorer nos stratégies actuelles d’estimation du risque« , d’après Allison Kurian, professeure agrégée de médecine et de recherche sur la santé.

De plus, l’algorithme semble bien plus efficace et ouvert à toutes que les précédents modèles, qui ne fonctionnaient pas sur toutes les pigmentations de la peau. Les chercheurs se vantent du fait que le modèle actuel fonctionne aussi bien pour les personnes blanches que pour les personnes noires. Un progrès sans précédent.

Enfin, capable de détecter le cancer jusqu’à cinq ans avant l’apparition par l’imagerie, ce sont des dizaines de milliers de vies qui pourraient être sauvées chaque année. Pour rappel, la survie d’un cancer du sein à cinq ans est de 26 %, contre 99 % si la tumeur est détectée précocement, comme le permet cette IA. De plus, comme le rappelle l’Institut national du cancer en France, l’âge moyen du diagnostic en 2012 était de 63 ans, quand plus de 80 % de cancers du sein se développent après 50 ans. L’utilisation d’un tel algorithme permettrait d’éviter les nombreux décès qui surviennent une dizaine d’années après, puisque l’âge moyen des décès de cette maladie est de 73 ans. Le détecter cinq ans en avance sauverait des milliers de vies, rien qu’en France.

Comment les chercheurs sont arrivés à un tel résultat ?

Comme bien souvent, l’IA repousse les frontières du visible, en permettant des analyses que l’œil humain ou que notre esprit ne peuvent pas détecter. Dans les faits, cette IA est capable de détecter sur les mammographies des anomalies tissulaires indétectables ou totalement “impossibles à interpréter pour l’œil humain”, comme nous rapportent nos confrères de Sciences et Avenir.

L’étude qui a permis de mettre au point un tel algorithme s’est basée sur près de 89 000 mammographies de dépistage consécutives, prises sur près de 60 000 femmes au total. Un échantillon énorme, qui a permis de mettre en place un ensemble d’entrainements de 71 000 cas, un groupe de validations de 8500 et un ensemble d’essais de 8700. Par la suite, c’est un véritable modèle de Deep Learning qui a été mis en place par les chercheurs, en se basant sur les femmes qui ont développé un cancer du sein dans les cinq ans après une radiographie. Par les résultats croisés, les chercheurs ont pu mettre en place plusieurs paramètres fréquents qui revenaient dans la peau des seins qui sont les symptômes précoces d’un cancer.

Avec ce mode de fonctionnement, comme nous vous l’avons dit plus haut, cette IA se montre capable de mettre toutes les patientes sur un pied d’égalité. Jusqu’alors, les méthodes de détection du cancer du sein étaient basées principalement sur la population blanche, ce qui entrainait un cancer détecté très souvent bien plus tardivement chez les femmes de couleur. Les conséquences étaient dramatiques, puisque les femmes noires avaient par exemple 43 % plus de risque de mourir d’un cancer du sein que des femmes blanches. C’est en tout cas les chiffres avancés par une étude publiée dans JAMA Surgery, l’année dernière. Dorénavant, avec les dizaines de milliers de données très diversifiées et les mammographies en nombre, cette intelligence artificielle permet de mettre un terme à cette inégalité entre les couleurs de peau. Une avancée considérable.

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bernard_bel

C’est un résultat remarquable ! Sauf qu’on néglige de préciser qu’il existe une technique de dépistage bien plus performante (et moins invasive) que la mammographie : l’échographie ductoradiale. Voir au bas de la page « Cancer – dépistage » sur mon site « LeBonheurEstPossible »: https://lebonheurestpossible.org/cancer-depistage/