Image au microscope de l’hydrogel, renfermant des plaquettes chargées d’anticorps (rouge) et des nanoparticules de composés anti-tumoraux (vert) — © UW–Madison

Après une intervention chirurgicale visant à retirer des tumeurs, certaines cellules cancéreuses peuvent subsister et proliférer à nouveau ou se propager à une autre partie du corps. Des chercheurs américains ont conçu un hydrogel spécialement formulé pour éviter ces scénarios.

Un traitement local redoutable

Le gel libère deux composés spécifiquement sélectionnés afin d’empêcher la récidive du cancer après une opération. Appelé Pexidartinib, le premier permet d’inhiber les macrophages associés aux tumeurs (TAM), cellules immunitaires ayant « changé de camp » et contribuant à créer un environnement favorable au cancer, ce qui permet de ralentir la croissance (ou repousse) d’éventuelles tumeurs. Constitué d’anticorps PD-1, le second entraîne les lymphocytes T à reconnaître et à attaquer les cellules cancéreuses.

Ensemble, ceux-ci empêchent la formation d’un micro-environnement favorable à la croissance du cancer et aident le système immunitaire à éliminer les cellules cancéreuses restantes après la chirurgie. Une fois son travail terminé, l’hydrogel est conçu pour se bio-dégrader en toute sécurité dans l’organisme.

Lors de tests sur des modèles murins de plusieurs types de cancer, notamment le cancer du côlon, le mélanome, le sarcome et le cancer du sein triple négatif, le gel a réduit de manière significative la récurrence et les métastases du cancer, et a prolongé les taux de survie des souris. Si l’ensemble des animaux témoins ont succombé dans les 36 jours, les taux de survie se situaient entre 50 et 66 % pour les souris traitées, selon le type de cancer.

— Marques / Shutterstock.com

L’application locale du gel permet également d’éviter les réactions indésirables habituellement observées lorsqu’un composé est administré à l’échelle de l’organisme. Selon l’équipe, aucun effet secondaire majeur n’a été observé chez les rongeurs testés.

Vers des essais cliniques

Certains de ces cancers ne répondant généralement pas bien à la thérapie immunitaire et étant enclins à former des métastases, ces premiers résultats s’avèrent particulièrement prometteurs.

« Nous sommes vraiment heureux de voir que cette stratégie locale peut fonctionner contre tant de types de tumeurs différentes, en particulier ces tumeurs non immunogènes », a déclaré Quanyin Hu, auteur principal de l’étude, parue dans la revue Nature Communications. « Il est encore plus réjouissant de voir que ce traitement local peut inhiber les métastases tumorales. »

Les auteurs de l’étude prévoient de mener prochainement une nouvelle série de tests précliniques, ouvrant la voie aux essais sur l’Homme.

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