Selon la nouvelle étude publiée dans The Journal of Positive Psychology, il existe un lien démontré entre l’humilité intellectuelle et l’acquisition de connaissances. Les personnes capables d’admettre leurs erreurs et leurs méconnaissances de certains sujets seraient donc, à terme, bien plus cultivées que les personnes présomptueuses. Explications.

Qu’est-ce que l’humilité intellectuelle ?

La psychologue Elizabeth J. Krumrei-Mancuso de l’Université Pepperdine s’est intéressée au concept d’humilité intellectuelle. Pour rapidement vous la définir, nous pourrions dire qu’il s’agit de l’acceptation de ne pas tout savoir, d’être conscient de nos lacunes sur certains sujets, et de l’assumer publiquement (ou lors d’un dialogue, par exemple).

Il est donc logique de s’intéresser au contraire de l’humilité intellectuelle, qui pourrait se traduire par la surconfiance intellectuelle. Comme vous l’aurez compris, il s’agit ici d’une personne persuadée d’avoir raison sur ses connaissances. Il est à noter que ce concept est déjà établi, mais que les résultats n’avaient alors jamais été vraiment démontrés, et encore moins comparés avec des personnes qui ont une approche inverse. Certains estiment par exemple que sans humilité intellectuelle, il est impossible d’apprendre.

Vous avez surement déjà croisé des personnes comme telles, et l’étude démontre que cette dernière catégorie s’avère en général bien moins au fait sur toutes les connaissances générales. Logiquement donc, la curiosité intellectuelle est un élément clef dans l’apprentissage de données en tout genre. Le Daily Geek Show vous parlait d’ailleurs déjà, il y a quelque temps, du fait que votre cerveau traite la soif de connaissances de la même manière que la faim.

Pourquoi cette différence dans la considération d’une information ?

Comment expliquer le fait qu’une personne sûre de soi présente des lacunes intellectuelles si marquées ? Si elle n’apprend pas ou peu pendant une discussion de par sa confiance excessive, elle acquiert tout de même plusieurs connaissances de son propre chef, et continue de se cultiver par ses propres méthodes qu’elle considère comme plus judicieuses.

Mais selon la psychologue, ce serait plutôt dû à une déformation des informations de la conversation. Les personnes qui sont en surconfiance intellectuelle ne vont pas fermer totalement la porte à ce qu’elles entendent, mais vont plutôt les transformer afin de les adapter selon leurs propres convictions épistémologiques. En soi, l’acquisition de nouvelles connaissances peut se faire, mais sous un angle biaisé.

Est-ce bénéfique de reconnaître notre faillibilité intellectuelle ?

C’est la question que l’équipe de chercheurs s’est posée. Pour parvenir à leurs résultats, ils ont mené cinq expériences distinctes qui impliquaient environ 1 200 participants. Le tout avait pour mission de mettre en valeur les qualités potentielles d’une réflexion ouverte et d’humilité intellectuelle, et d’établir ce lien soupçonné avec l’apprentissage.

Une série de questions était posée à chaque personne, et les chercheurs devaient les évaluer sur une échelle d’humilité intellectuelle spécialement créée pour l’occasion. En clair, ils évaluaient si oui ou non, le candidat souffrait de supériorité intellectuelle dans sa perception de ses connaissances.

Les résultats qui sont apparus très rapidement montrent que l’humilité intellectuelle a un véritable effet mixte sur la capacité des personnes à acquérir des connaissances. Savoir et vouloir admettre vos lacunes est donc largement bénéfique dans l’apprentissage de nouvelles connaissances. Dans les tests de connaissances générales par exemple, les candidats qui étaient humbles montraient de bien meilleurs résultats, tout en apprenant également à la fin de l’expérience. En revanche, il n’y a pas de rapport établi avec les capacités cognitives des participants. Les chercheurs pensaient que c’était le cas. Mais non, être en surconfiance intellectuelle n’est pas un signe d’un plus gros, ou d’un plus faible Q.I.

D’après une très sérieuse étude cérébrale de la revue Neuron, il a été démontré par les chercheurs que la curiosité augmente l’activité dans trois régions clefs du cortex cérébral. Ces trois zones (Noyau caudé gauche, Noyau accumbens et Hippocampe) sont liées à l’apprentissage, à la mémoire ou encore à la répétition de comportements qui génèrent des plaisirs.

Que penser de ces résultats ?

En démontrant que ces deux types de considérations intellectuelles ne sont pas du tout le fait d’une différence de quotient intellectuel, les chercheurs peuvent travailler sur de nouveaux angles pour leurs futures recherches. Ils suggèrent aujourd’hui que l’humilité intellectuelle est associée à une intelligence de type cristallisée, mais pas fluide. Concrètement, les personnes ayant une humilité intellectuelle ont une évaluation globalement plus précise de leurs connaissances générales. Paradoxalement, ces personnes-là ont tendance à sous-estimer leurs capacités cognitives.

Aujourd’hui, après de tels résultats, les chercheurs souhaitent aller plus loin dans leurs études sur les connaissances. Mais avec ces expériences, nous disposons aujourd’hui de plusieurs données positives sur les différentes manières d’aborder une nouvelle connaissance, et il est clair qu’adopter une attitude curieuse et humble nous permet d’acquérir davantage de connaissances.

Krumrei-Mancuso se montre même enthousiaste et encourage chacun de nous à adopter ce mode de réflexion : « L’humilité intellectuelle peut contribuer aux biens sociaux de différentes manières« , dans un article de blog en janvier. Vous pouvez retrouver l’entièreté de l’étude en suivant ce lien.

Voici une conférence TED qui met l’accent sur tous les autres apports d’une approche humble

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