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La culture fait évoluer les humains plus vite que jamais, selon une étude

Les processus génétiques prennent beaucoup plus de temps que l'apprentissage et le transfert de la culture pour avoir un impact

— dotshock / Shutterstock.com

La génétique a toujours joué un rôle prépondérant dans l’évolution humaine. Mais il semblerait que cela ne soit plus le cas, et que la culture ait surclassé les gènes. Selon une nouvelle étude, la culture a désormais un meilleur potentiel d’adaptation en comparaison avec la génétique, et cela aurait même tendance à s’accroître.

La culture prédomine sur la génétique dans l’évolution humaine

La théorie de l’évolution darwinienne conventionnelle conclut que, depuis la naissance de la vie sur notre planète, les organismes vivants ont survécu, principalement en transmettant des traits et des comportements via de minuscules mutations génétiques. Au cours de l’émergence des humains modernes, le monde a en effet fait face à une variabilité climatique et environnementale dramatique. Ce sont ces pressions, se produisant sur des centaines de milliers d’années, qui l’ont obligé à s’adapter continuellement à l’environnement et qui ont façonné son évolution. Jusqu’à présent, on a ainsi attribué cette évolution à la génétique, et ainsi à l’évolution physique sous-jacente que cela implique.

Mais selon une nouvelle étude réalisée par les chercheurs de l’université du Maine, la culture qui entoure la race humaine l’a également aidée à évoluer plus rapidement en tant qu’espèce que les changements génétiques. Cela signifie que la culture – qui regroupe un ensemble de connaissances, de compétences et de pratiques apprises au fil du temps – constitue désormais la base de l’évolution, permettant ainsi à l’être humain de s’adapter à son environnement changeant. « La culture est un facteur sous-estimé dans l’évolution humaine. Comme les gènes, la culture aide les gens à s’adapter à leur environnement et à relever les défis de la survie et de la reproduction », ont expliqué Tim Waring et Zach Wood, auteurs principaux de l’étude, dans un communiqué.

« La culture, cependant, le fait plus efficacement que les gènes, car le transfert de connaissances est plus rapide et plus flexible que l’héritage des gènes », ont-ils ajouté. Dans un article publié dans la revue Proceedings of the Royal Society B, les chercheurs ont également noté que cette théorie était d’autant plus plausible puisque le transfert de gènes n’a lieu qu’une fois par génération, ce qui n’est pas le cas des pratiques culturelles qui peuvent être apprises et désapprises à des rythmes relativement rapides et peuvent subir une mise à jour constante.

— blvdone / Shutterstock.com

Une évolution culturelle axée sur les groupes, et non les individus

Pour aboutir à cette conclusion, les chercheurs ont effectué un examen approfondi de la littérature et des preuves de l’évolution humaine à long terme. En plus du rôle prépondérant de la culture dans l’évolution, ils ont également noté que les adaptations culturelles semblent se produire plus rapidement dans les grands groupes, a rapporté le Daily Mail. Cela suggère que l’évolution est devenue plus axée sur le groupe que sur les individus. En effet, la culture étant axée sur le groupe, les membres de ces groupes se parlent, apprennent les uns des autres et s’imitent les uns les autres, et ce, bien au-delà de la sphère familiale. Un individu peut ainsi acquérir des compétences et des informations auprès d’un très grand nombre de personnes en peu de temps. Et à son tour, il pourra diffuser ces informations à de nombreux autres individus.

« La métaphore de la société en tant qu’organisme n’est finalement pas si métaphorique. Cette idée peut aider la société à mieux comprendre comment les individus peuvent s’intégrer dans un système bien organisé et mutuellement bénéfique », a ainsi déclaré Tim Waring. Comme exemple concret du rôle de l’importance de l’évolution culturelle au sein d’un grand groupe, les chercheurs ont pris le cas de la gestion de la pandémie de Covid-19. « Un programme national efficace de réponse aux épidémies est vraiment un système immunitaire national, et nous pouvons donc apprendre directement de la façon dont les systèmes immunitaires fonctionnent pour améliorer notre réponse au Covid », ont-ils expliqué.  

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: Science Alert

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