Dans une lettre à la ministre de la Santé, les praticiens menacent de démissionner de leurs fonctions administratives si des négociations ne sont pas ouvertes. Ils estiment notamment qu’une rallonge de 600 millions d’euros est nécessaire en plus des 200 millions supplémentaires débloqués par le gouvernement en faveur de l’hôpital public pour 2020.

Une menace face à une absence de négociations 

1 200 médecins hospitaliers, dont 600 chefs de service et 170 responsables d’unités, ont annoncé dans une lettre adressée à la ministre de la Santé Agnès Buzyn qu’ils allaient démissionner de leurs fonctions d’administration, de gestion et de représentation. Ils dénoncent « l’insuffisance du plan d’urgence” et déplorent l’absence de négociations avec le gouvernement quant au budget alloué à l’hôpital public.

En effet, le plan d’urgence annoncé par le gouvernement le 20 novembre de l’année dernière, et qui consiste à débloquer 200 millions d’euros supplémentaires pour 2020 à destination de l’hôpital public, ne satisfait pas. C’est pourquoi les médecins font part de leur “profonde déception face à l’insuffisance du plan d’urgence” car “c’est trop peu, trop partiel, trop étalé dans le temps”. Ils ajoutent : « C’est pour vous alerter solennellement que nous avons pris en toute responsabilité, la décision inédite et difficile de démissionner collectivement à partir du 14 janvier 2020 si à cette date des négociations ne sont pas engagées. » Les soins seront cependant quand même assurés.

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Une contestation face aux dégradations des conditions de travail en milieu hospitalier

L’un des principaux problèmes que rencontre le milieu hospitalier est la dégradation des conditions de travail. Cette dernière est telle que cela entraîne également la dégradation de la qualité des soins et met en danger la santé des patients. C’est pourquoi les médecins hospitaliers démissionnaires demandent la revalorisation des salaires, la révision du mode de financement et l’embauche de personnels supplémentaires afin de faire face à des demandes toujours plus fortes. Ils protestent par exemple contre le non-remplacement du personnel en arrêt de travail, l’augmentation du délai pour obtenir une consultation dans les centres médico-psychologiques, le manque de lits…

Cette annonce relève d’un geste politique fort et prend la relève de mois entiers de mobilisation des personnels paramédicaux, des services d’urgences, ainsi que de deux manifestations nationales du personnel hospitalier. Il s’agit d’un mouvement d’une ampleur inédite dans le milieu hospitalier.

Une action avec de fortes répercussions ?

Ce mouvement suscite une mobilisation importante dans certains hôpitaux ; 50 chefs de service démissionnaires à Marseille, 19 à Limoges, 15 à Nantes… Cela pose cependant la question de l’impact d’une telle action sur le fonctionnement de l’hôpital. Il faut savoir que juridiquement, s’il démissionne, le chef de service ne gère plus la responsabilité médicale de son unité. De même, il ne gère plus les plaintes, plannings et tableaux de services des médecins. Cela risque également d’entraîner une gêne dans la communication avec l’unité concernée. Par conséquent, cette action aura probablement un impact sur le bon fonctionnement des services des hôpitaux concernés.

Certains services des hôpitaux ont également choisi, depuis le milieu du mois de décembre, de pratiquer la “grève du codage”, qui consiste à ne pas transmettre les informations qui permettent à la direction de se faire rembourser les actes médicaux effectués par la Sécurité sociale. Cette pratique divise cependant les médecins au sein du domaine hospitalier.

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