L’arrivée de notre espèce en Europe serait donc avancée de 150 000 ans. C’est en tout cas ce que révèle ce nouveau spécimen d’Homo sapiens, qui serait alors le plus vieux et, donc, grec. Explications.

Une découverte considérable ?

Les travaux ont été publiés ce mercredi dans la revue scientifique Nature. Les scientifiques l’ont baptisé Apidima 1. D’après eux, il est « plus vieux que tous les autres spécimens d’Homo sapiens retrouvés hors d’Afrique ». En effet, il est estimé par les chercheurs qu’il est âgé de 210 000 ans.

Effectivement, jusqu’alors, les spécimens retrouvés hors d’Afrique étaient bien plus jeunes. Par exemple, nous avions retrouvé un fragment de mâchoire dans une grotte en Israël. Mais d’après les estimations, il serait déjà bien vieux, à hauteur de 177 000 à 194 000 ans. Il demeure quand même un espace temporel très important avec ce nouveau spécimen retrouvé. Si on écarte celui-ci, les autres ont jusqu’à 120 000 ans. Pire encore, pour les spécimens trouvés en Europe, le maximum recensé est de 70 000 ans.

En ce qui concerne Apidima 1, il convient de rappeler qu’il a été trouvé à la fin des années 1970. C’est dans une cavité du Péloponnèse que le Musée d’anthropologie de l’université d’Athènes l’avait mis au jour. Tout de suite, il avait été catégorisé comme étant pré-néandertalien. Cependant, avec les nouvelles méthodes de datation que nous avons en notre possession en ce XXIe siècle, de nouveaux examens ont été mis en place. Ils ont notamment permis de prouver que c’était un « Homo sapiens précoce ». En effet, il possédait des caractéristiques que l’on retrouve à la fois chez un humain moderne, et chez un humain archaïque. Ce qui a intrigué les chercheurs.

Qu’apprend-on concrètement ?

Certains sont sceptiques quant à cette affirmation de datation très ancienne. En effet, les chercheurs rappellent qu’ils n’ont retrouvé qu’une partie arrière de son crâne, qui pourrait apparaître comme trop incomplète pour permettre une telle avancée révolutionnaire. En revanche, pour une autre partie des archéologues, cette nouvelle découverte est source de beaucoup d’espoir pour résoudre le puzzle de l’évolution humaine.

Cela permet notamment d’affirmer que la dispersion de l’Homo sapiens en dehors de l’Afrique s’est déroulée il y a plus de 200 000 ans, bien plus tôt que ce que l’on pensait. Également, on peut désormais affirmer qu’elle s’est étendue jusqu’en Europe, puisque ce fossile a été découvert en Grèce. Pour rappel, l’Homo sapiens est apparu en Afrique, et de plus anciens spécimens retrouvés, dans ce même continent au Maroc, ont environ 300 000 ans. Pendant longtemps, il était généralement admis que l’Homo sapiens avait quitté son berceau il y a seulement 70 000 ans.

Mironmax Studio / Shutterstock.com

Également, cela bouleverse l’équilibre entre les Homo sapiens et les hommes de Néandertal. Les scientifiques ont trouvé un spécimen de l’espèce, baptisé Apidima 2, datant de 170 000 ans. Et d’après leurs expertises, ils estiment qu’ils se sont « tour à tour remplacés ». Dans les faits, il faut désormais aborder la question des dispersions depuis l’Afrique d’une manière bien plus complexe que ce que l’on pensait. Eric Delson, du Collège de New York, explique : « Plutôt qu’une seule sortie d’hominines d’Afrique pour peupler l’Europe et l’Asie, il doit y avoir eu plusieurs dispersions, certaines ne donnant pas lieu à des installations permanentes. »

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Vérifiez votre titre… C’est 150 000 ans! 😉