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La face sombre de l’hippopotame, l’animal le plus dangereux d’Afrique

Il tue chaque année bien plus d'humains que le lion

Souvent perçu comme un herbivore paisible, l’hippopotame peut se révéler particulièrement agressif et est chaque année à l’origine de centaines de décès en Afrique. Mais aussi dangereux soit-il, il joue également un rôle écologique clé.

Selon la croyance populaire, l’hippopotame est un animal pacifique et doux passant le plus clair de son temps à se prélasser dans les eaux tropicales boueuses, mais la réalité est tout autre. Sous ses airs inoffensifs, il se révèle remarquablement agile, se nourrit occasionnellement d’autres animaux… et s’attaque même, mortellement, aux humains.

D’après Johan Eksteen, qui étudie le comportement des hippopotames depuis près de trois décennies, la majorité des Occidentaux ne sont pas conscients de l’extrême dangerosité de ces mammifères massifs.

« Les touristes voient un hippopotame bâiller et supposent qu’il est heureux, alors que c’est au contraire un signal d’alarme », détaille l’écologiste sud-africain. « Il arrive aussi que l’animal produise un grognement assez similaire à un éclat de rire, mais une fois encore, c’est tout l’inverse. »

Leejiah Dorward, doctorante à Oxford qui étudie les conflits humains-carnivores en Tanzanie, évoque une autre erreur souvent commise par les touristes. « Les gens sont persuadés que les hippopotames sont de purs herbivores, mais nous disposons de preuves solides qu’il leur arrive de consommer de la viande. »

Ces dernières années, ce sont ainsi près d’une centaine d’hippopotames ont été observés en train de manger de la chair d’impala, de koudou, de gnou ou de buffle, et il arrive même qu’ils se nourrissent des carcasses de leurs congénères.

S’ils ne chassent pas « activement » les humains, ils peuvent s’en prendre à eux dans certaines circonstances. Notamment lorsque des touristes s’aventurent à proximité de leur plan d’eau ou se retrouvent malencontreusement sur leur chemin.

Capables de charger à la vitesse de 40 kilomètres par heure, ces animaux se révèlent par ailleurs beaucoup plus meurtriers que le lion : on les estime chaque année à l’origine de la mort de plus de 500 personnes.

En 2014, 13 personnes se sont noyées au Niger après que des hippopotames ont fait chavirer leurs embarcations, et des incidents similaires se produisent chaque année en Tanzanie ou en Namibie.

Parmi les histoires terrifiantes circulent à leur sujet partout en Afrique, celle d’un homme et de sa femme sauvagement tués et dévorés par un animal qui passait à proximité de leur habitation.

Mais comme le rappellent les chercheurs, l’estomac de l’hippopotame se révèle peu adapté à la digestion de la viande. Selon eux, cet animal en consomme essentiellement lorsqu’il souffre d’une carence nutritionnelle.

« La plupart des herbivores utilisent leurs incisives tranchantes pour pincer et sectionner soigneusement les feuilles. Les longues canines et incisives des hippopotames sont au contraire de puissants moyens de défense et ces derniers utilisent en fait leurs lèvres pour arracher la végétation », détaille Eksteen.

Si ces géants africains passent des journées entières dans l’eau afin de se rafraîchir, ils peuvent parcourir plusieurs kilomètres durant la nuit, surtout en hiver lorsque la végétation se fait plus rare. Grands amateurs de légumes verts, ils n’hésitent pas à s’attaquer aux cultures.

Bien que l’usage de clôtures électriques ait permis de tenir ces animaux affamés à distance dans certaines régions d’Afrique, de nombreux agriculteurs ont choisi de délaisser les légumes au profit des agrumes.

Un choix plutôt judicieux, puisque les hippopotames, qui s’intéressent peu aux oranges ou aux mandarines et se contentent de paître entre les arbres fruitiers, dissuadent ainsi efficacement les voleurs une fois la nuit venue.

Le liquide sécrété par les hippopotames pour se protéger du soleil présente également des propriétés remarquables dont les industries cosmétique et pharmaceutique pourraient inspirer. Comme l’explique Eksteen, « ils ne possèdent pas de glandes sudoripares mais des glandes séreuses. En quelques minutes, le liquide visqueux qu’ils produisent vire au brun et agit comme une protection solaire très efficace et un puissant antimicrobien. »

Ces créatures jouent également un rôle écologique essentiel en remuant vigoureusement le lit des rivières et en les « enrichissant » avec leurs déjections, ce qui profite aux populations de poissons. Malgré le danger qu’ils peuvent représenter pour les humains, ces animaux menacés par le braconnage et la perte d’habitat restent des maillons essentiels de leur écosystème.

Présentant la particularité de produire du lait rose, les hippopotames ne nagent pas à proprement parler, mais il s’avère qu’ils peuvent… voler.

Par Yann Contegat, le

Source: BBC

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