— Kmls / Shutterstock.com

Les réacteurs à fusion hydrogène-bore feront indéniablement partie du paysage de la production énergétique de demain. Mais avant que l’on puisse effectivement utiliser cette technologie pour produire de l’énergie, des recherches, des mises au point et de nombreux essais doivent être réalisés. Dans ce domaine, l’entreprise HB11 Energy a produit des résultats révolutionnaires.

La fusion laser hydrogène-bore, c’est quoi ? 

La production d’énergie reste l’un des secteurs les plus polluants au monde. Pour faire face à ce problème, les experts dans ce domaine cherchent des alternatives plus durables, mais aussi plus efficaces, plus sûres et moins coûteuses à l’énergie fossile. Parmi ces alternatives figurent les réacteurs à fusion hydrogène-bore. Brevet technologique demandé en 2020 par HB11 Energy, une entreprise australienne issue de l’université de Nouvelle-Galles du Sud, cette nouvelle méthode de production d’énergie consiste à utiliser des lasers à haute puissance et à haute précision pour provoquer une fusion nucléaire.

Appelé laser à amplification d’impulsions chirpées, ce nouveau genre de laser peut produire des niveaux de puissance supérieurs à 10 pétawatts (1 pétawatt étant égal à 1015 watts). Notons que la majorité des technologies de fusion nucléaire actuelles utilisent des réactions deutérium-tritium – un combustible radioactif – et des températures incroyablement chaudes. En plus de nécessiter la production de températures ridiculement chaudes, cette méthode classique est risquée et extrêmement destructrice en cas de problème.

Mais ce n’est pas le cas avec la fusion laser hydrogène-bore. Il s’agit en effet d’une technique écologique, fiable, sûre, à faible coût et sans risque de fusion radioactive. Plus précisément, au lieu de créer de la chaleur, la fusion hydrogène-bore crée simplement des atomes d’hélium « nus », ou particules alpha, auxquels il manque des électrons. Autrement dit, ces atomes sont chargés positivement, et il faut tout simplement collecter cette charge pour créer de l’énergie. Et, bien évidemment, il n’y a aucun déchet ou résidu radioactif.

Un pas de plus vers l’objectif à long terme de HB11 Energy

Et deux ans seulement après sa demande de brevet, HB11 Energy a annoncé des résultats très prometteurs pour ses premiers essais. Leurs résultats – publiés dans la revue Applied Sciences – démontrent que la méthode a effectivement permis de provoquer des réactions de fusion non thermique de l’hydrogène et du bore-11 à l’aide de lasers haute puissance. Ces réactions ont permis d’être à 4 ordres de grandeur d’atteindre un gain d’énergie net. Notons que pour que la fusion nucléaire ait des applications commerciales, elle doit créer un gain d’énergie net.

Cela signifie que la production d’énergie d’une réaction doit dépasser de manière significative l’apport d’énergie nécessaire pour la catalyser. Bien que ces résultats ne permettent donc pas encore de mettre en œuvre la première centrale à fusion hydrogène-bore, il s’agit d’un premier pas très important dans ce sens. « La démonstration des réactions de fusion à elle seule est incroyablement excitante. Mais en plus de cela, le nombre étonnamment élevé de réactions nous donne également des informations importantes sur la façon d’optimiser notre technologie pour augmenter encore l’énergie de fusion que nous pouvons créer », a déclaré le Dr Warren McKenzie, fondateur et directeur général de HB11 Energy, dans un communiqué.

Il est important de noter que les essais de HB11 Energy ont été réalisés avec le laser LFEX de l’université d’Osaka, au Japon, en raison de l’absence d’installation de laser à haute puissance locale. Les chercheurs ont donc profité de la présentation de leurs résultats pour inciter le gouvernement local à investir dans des équipements pour cette technologie révolutionnaire.

S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments