C’est en étudiant les traces laissées par des spéléothèmes dans une grotte côtière à Majorque, que les scientifiques ont fait une découverte surprenante : il y a plus de trois millions d’années, le niveau de l’eau sur Terre était environ de 16 mètres supérieur à celui que nous connaissons.

Des chiffres impressionnants

Il y a plus de trois millions d’années, alors que les températures étaient deux à trois degrés plus chaudes qu’à l’ère pré-industrielle, le niveau des mers était élevé de plus de 16 mètres par rapport à aujourd’hui. C’est ce qu’ont découvert des scientifiques issus des universités du Nouveau-Mexique, du sud de la Floride, des îles Baléares et de l’université de Columbia dans le cadre d’une étude parue dans le magazine Nature. L’analyse de ces traces anciennes est d’une importance capitale, car elle pourrait permettre d’aider de futures études notamment sur des sujets tels que l’évolution des nappes phréatiques, ainsi que pour prédire les hausses potentielles du niveau de la mer.

Si l’on sait déjà que l’augmentation du niveau de la mer sera causé par la fonte des glaces, notamment au Groenland et en Antarctique, il est aujourd’hui extrêmement difficile pour les experts de prédire à quelle vitesse et en quelle quantité la banquise fera monter le niveau de l’eau dans les années à venir. Pour cette raison, l’étude de données significatives à une époque où les températures étaient plus élevées qu’aujourd’hui est d’une importance capitale, afin de prévoir et de s’adapter aux changements futurs.

Des résultats déterminants pour l’avenir

Ainsi, comme le souligne Bogdan Onac, professeur à l’université de Floride, « nous pouvons utiliser ces données issues de périodes plus chaudes pour prédire les conséquences de la fonte des glaces liées au réchauffement climatique ».

C’est après avoir analysé six formations géologiques différentes, comprises à une altitude située entre 22,5 et 32 mètres au-dessus du niveau de la mer actuel, et en croisant différentes analyses de laboratoire sur 70 échantillons que les chercheurs ont pu obtenir ces résultats. Combiné à une méthode de datation radiométrique par l’uranium-plomb, les échantillons prélevés ont pu être datés de l’ère du Pliocène, dite « sixième époque du tertiaire ».

Une époque particulièrement intéressante pour les scientifiques, car au sein de cette période se situe la fameuse période chaude mi piacenzienne, datant d’il y a 3,264 à 3,025 millions d’années, qui marque la dernière période de l’Histoire pendant laquelle le taux de CO2 était aussi élevé qu’aujourd’hui.

Enfin, dans l’hypothèse où les températures augmenteraient de manière plus drastique que prévu par les scientifiques, soit 4 degrés de plus qu’actuellement, les chercheurs ont calculé une hausse du niveau de la mer de 23,5 mètres au-dessus du niveau actuel. Un chiffre plus dramatique, mais les scientifiques n’ont aujourd’hui plus d’autres choix que d’envisager cette possibilité… 

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« il est aujourd’hui extrêmement difficile pour les experts de prédire » : en bon français, les experts prévoient, les voyantes prédisent !