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Même si nous appartenons tous à la même espèce, chaque être humain est unique. Même les vrais jumeaux ont des points de distinction qui leur sont propres. L’une des choses qui peuvent différer d’un être humain à un autre est le groupe sanguin. La question est maintenant de savoir pourquoi nous avons des groupes sanguins différents.

Une découverte plus ou moins récente qui a changé la donne en médecine

Même dans une même famille, le groupe sanguin peut varier d’un individu à un autre. Pourtant, ce n’est qu’en 1900 que le médecin autrichien Karl Landsteiner a découvert qu’il existait des groupes sanguins distincts. À l’époque, il en avait identifié trois, à savoir les groupes A, B et O. Ce fut une découverte très importante qui lui a valu un prix Nobel de médecine. Quelques années plus tard, des chercheurs ont ensuite découvert le groupe AB, ainsi que d’autres groupes sanguins suivant d’autres classifications. Ces systèmes de classification ont été créés afin de permettre des transfusions sanguines sûres.

Pour comprendre la différenciation des groupes sanguins A, B, AB et O, il faut savoir que le sang est composé de globules rouges, qui transportent l’oxygène dans le corps ; de globules blancs, qui jouent un rôle crucial dans le système immunitaire ; de plasma, qui est un liquide jaunâtre contenant des protéines et des sels ; et de plaquettes qui permettent la coagulation. Le groupe sanguin d’un individu dépendra des antigènes qui se trouvent à la surface des globules rouges. Les antigènes sont des molécules dont les caractéristiques varient d’un individu à un autre, en raison de petites différences génétiques.

Bien évidemment, ils ont un rôle à jouer dans le bon fonctionnement de l’organisme. C’est notamment le rôle des antigènes de transporter d’autres molécules au-dedans et en dehors des cellules, de maintenir la structure des globules rouges, ou encore de détecter les cellules indésirables qui pourraient causer des maladies. En cas de transfusion sanguine, les antigènes différents de ceux qui sont présents dans le sang du receveur peuvent également être considérés comme indésirables par les antigènes locaux, d’où le rejet du sang provenant d’un donneur dont le groupe sanguin n’est pas compatible avec celui du receveur.

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Les groupes sanguins : un domaine de la médecine qui recèle encore de nombreux mystères

Notons qu’en plus de la classification avec le système ABO découvert par Landsteiner, il y a une autre classification couramment utilisée qu’on appelle le système Rhésus. Cette classification ajoute un signe négatif ou positif aux groupes sanguins du système ABO, des signes désignés comme étant les facteurs Rhésus. Le facteur Rhésus est une protéine héréditaire qui se trouve également à la surface du globule rouge. Si le groupe sanguin est positif, les cellules sanguines contiennent la protéine Rh. S’il est négatif, les cellules sanguines n’ont pas de protéine Rh. Si le facteur Rhésus est très important dans la classification des groupes sanguins, les chercheurs ne savent pas encore avec précision à quoi il sert dans l’organisme des personnes où il est présent.

En cas d’intervention médicale impliquant une transfusion sanguine, les médecins doivent prendre en compte les deux systèmes de classification afin de pallier tout risque. Autre information importante, les individus avec un groupe sanguin O négatif sont appelés des donneurs universels. En effet, le groupe sanguin O négatif ne contient pas d’antigènes A, B ou de facteur Rhésus. Ainsi, quasiment tout le monde peut recevoir des globules rouges de ce groupe sanguin sans danger. En conséquence, il existe une forte demande de sang O négatif. L’opposé du donneur universel est le receveur universel, et il s’agit du groupe sanguin AB positif.

Notons que la répartition des groupes sanguins peut être très variable d’une région et d’une communauté à une autre, l’explication de ce phénomène reste également un mystère pour les scientifiques. Et si connaître son groupe sanguin est ainsi essentiel en cas de transfusion sanguine, de plus en plus de preuves ont également montré que les groupes sanguins semblent influencer la sensibilité à certaines maladies, comme le paludisme et le Covid-19.

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