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Dispositif anti-prédateur ? Cette grenouille australienne brille comme une opale

L’iridescence est remarquablement rare chez les amphibiens

— © Will Brown / Wikimedia Commons

Phénomène optique bien documenté chez les insectes et les oiseaux, l’iridescence se révèle notoirement rare chez les amphibiens. En examinant une espèce de grenouille australienne bien connue, des chercheurs en ont mis en évidence un exemple particulièrement frappant.

Un secret bien gardé de Dryopsophus aureus

Originaire de l’est de l’Australie, la rainette verte et dorée (Dryopsophus aureus) compte parmi les espèces de grenouille les plus imposantes du pays, avec une cinquantaine de grammes sur la balance. Réputée pour son appétit insatiable et capable de consommer de grandes quantités d’insectes, cet amphibien charnu constitue également une cible de choix pour les échassiers, serpents, poissons et canidés sauvages.

Afin de mieux comprendre les stratégies anti-prédateur de cette créature décrite en 1827, le biologiste John Gould et ses collègues de l’université de Newcastle ont prélevé trois spécimens adultes, un mâle et deux femelles, sur l’île de Kooragang, en Nouvelle-Galles du Sud. Leur examen a révélé un éclat brillant et métallique caractéristique au niveau de l’intérieur de leurs cuisses.

« L’iridescence est un effet optique extraordinaire que l’on observe régulièrement chez les oiseaux, et qui se caractérise par un changement de couleur des tissus en fonction de l’angle d’observation », détaillent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Austral Ecology. « En manipulant ces grenouilles, la peau de la face interne de leurs cuisses passait d’un bleu profond à des nuances de turquoise, quand la partie externe conservait sa teinte vert pois typique. »

Le fait que cette paire de « shorts » soit uniquement visible lorsque la grenouille bondit suggère un cas inhabituel de « coloration flash », visant à surprendre et désorienter ses prédateurs. « L’iridescence renforcerait ce signal visuel afin d’en maximiser les effets », avance Gould.

Peau complexe

Si la mise en évidence d’un cas d’iridescence chez une créature connue de la science depuis près de 200 ans suggère qu’elle pourrait concerner d’autres espèces précédemment décrites, elle enrichit également notre compréhension de la pigmentation bleutée, rare au sein du règne animal.

Chez les grenouilles, le bleu résulte de la diffusion de la lumière par des structures cutanées microscopiques. Alors que l’on pensait jusqu’à présent leur distribution largement aléatoire, le phénomène optique observé chez D. aureus indique une organisation délicate.

« Ces travaux montrent que la peau des amphibiens est nettement plus complexe qu’on ne le supposait initialement », conclut Gould.

Précédemment, une étude avait révélé que l’iridescence permettait aux coléoptères de se camoufler efficacement.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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