L’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) avertit que les greffes de matière fécale peuvent entraîner la transmission de superbactéries mortelles. Deux patients ayant subi ce type d’intervention on contracté de graves infections, et l’un d’entre eux est décédé. Explications.

Deux patients greffés ont développé de graves infections

Si les greffes de matière fécale, connues également sous le nom de transplantations de microbiote fécal, se révèlent très prometteuses, notamment en ce qui concerne le traitement des symptômes de l’autisme, elles sont loin d’être sans danger. Récemment, deux patients dont le système immunitaire était affaibli ont bénéficié de ce type d’intervention, et développé de graves infections causées par une souche de la bactérie Escherichia coli résistante à plusieurs types d’antibiotiques. Il se trouve que les selles du donneur n’avaient pas été testées pour ce type de bactéries avant la transplantation.

Une analyse post-transplantation a toutefois révélé que celles-ci étaient bien à l’origine de la contamination. La greffe de matière fécale est considérée comme un traitement expérimental contre le Clostridium difficile, une infection bactérienne causant des diarrhées aiguës qui peuvent se révéler mortelles. La procédure, qui vise à rééquilibrer le microbiote intestinal, consiste à prélever les matières fécales d’un donneur en bonne santé, et à les introduire dans le tube digestif du patient, soit directement (par perfusion probiotique), soit par la prise de cachets par voie orale.

Un dépistage des organismes multirésistants systématique

Selon le docteur Peter Marks de la FDA : « Il est important de noter que la greffe fécale n’est pas sans danger. Nous voulons donc sensibiliser tous les professionnels de santé qui pratiquent cette thérapie sur ce risque important et potentiellement mortel afin qu’ils puissent en informer leurs patients. » La FDA exigera désormais que les selles des donneurs fassent l’objet d’un dépistage des organismes multirésistants, et ces derniers devront également répondre à un questionnaire déterminant s’ils peuvent être potentiellement porteurs de ce type de bactéries résistant aux médicaments.

Si les donneurs présentent certains facteurs de risque, ils seront automatiquement exclus du programme. Dans son communiqué, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux souligne par ailleurs « l’importance d’étudier les nouvelles thérapies en profondeur afin de s’assurer que les avantages de leur utilisation l’emportent sur les risques pour les patients » et entend « continuer à surveiller de près les essais cliniques de greffes de matière fécale afin de s’assurer que les patients soient protégés si des problèmes sérieux venaient à se poser ».

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