Cette nouvelle étude passionnante montre que le fait de stimuler la diversité microbienne par le biais de greffes fécales peut réduire considérablement les symptômes de l’autisme à long terme. Chez certains sujets, les chercheurs ont en effet constaté une réduction pouvant aller jusqu’à 45 %. Explications.

Utiliser les greffes fécales pour réduire les symptômes de l’autisme

Ces dernières années, la recherche scientifique a établi des liens entre le microbiome intestinal et la santé humaine, notamment la dépression, le syndrome de stress-post-traumatique et les maladies auto-immunes. Publiée dans la revue Scientific Reports, cette nouvelle étude menée sur deux ans par des scientifiques de l’Université de l’Arizona montre que le fait de stimuler la diversité microbienne par le biais de greffes fécales peut réduire considérablement les symptômes de l’autisme à long terme. En France, 8 000 enfants autistes naissent chaque année, ce qui représente environ 1 personne sur 150.

En moyenne, 30 à 50 % d’entre eux souffrent de problèmes intestinaux graves, comme l’explique la chercheuse Rosa Krajmalnikl-Brown : « De nombreux enfants autistes ont des problèmes gastro-intestinaux et ceux-ci présentent également des symptômes plus graves liés à l’autisme. Dans de nombreux cas, quand on est capable de traiter ces problèmes gastro-intestinaux, leur condition s’améliore ». En 2017, une précédente recherche menée sur 18 enfants autistes avait en effet montré les effets bénéfiques des greffes fécales, quantifiés au travers de questionnaires évaluant notamment leurs aptitudes sociale et leur degré d’hyperactivité.

Des résultats spectaculaires sur le long terme

Les chercheurs de l’Université de l’Arizona souhaitaient étudier les effets d’un tel traitement sur le long terme, qui comprenait des greffes fécales quotidiennes afin d’améliorer la diversité du microbiote intestinal des patients sur une période de sept à huit semaines. Ils ont non seulement constaté que ses bienfaits persistaient, mais qu’ils semblaient également s’améliorer de façon spectaculaire avec le temps. Si les symptômes de l’autisme avaient en moyenne été réduits de 24 % au bout de 8 semaines, cette diminution atteignait quasiment 45 % deux ans plus tard.

Avant l’étude, 83 % des participants étaient atteints de troubles autistiques considérés comme « sévères ». Deux ans plus tard, ils ne sont plus que 17 % à entrer dans cette catégorie : 39 % des patients souffrent de troubles légers ou modérés, tandis que 44 % d’entre sont passés sous le seuil des TSA légers. Selon Rosa Krajmalnik-Brown : « Nous découvrons un lien très fort entre les microbes qui vivent dans nos intestins et les signaux qui voyagent vers le cerveau. Deux ans plus tard, les enfants vont encore mieux, ce qui est tout bonnement incroyable ».

À l’heure actuelle, les chercheurs planchent sur un essai clinique plus vaste contrôlé par placebo, en vue d’obtenir l’approbation de l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) pour cette thérapie.

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Guy Déridet

Ce qui semblerait indiquer que l’autisme serait, lui aussi, lié à l’alimentation, directement ou par l’intermédiaire des parents.