
À la fin des années 1970, la Chine s’est lancée dans une campagne de reboisement pharaonique. De nouvelles recherches révèlent les effets insoupçonnés de ces dizaines de milliards d’arbres plantés en bordure de zones désertiques.
Une croissance fulgurante
La majorité d’entre eux forment la « Grande Muraille verte » de Chine, cordon végétal visant essentiellement à endiguer les tempêtes de sable en provenance du nord. Située en Chine méridionale, une autre barrière naturelle, contribuant à stabiliser les sols et à limiter les risques de catastrophe naturelle dans cette région très affectée par la mousson, la complète.
Aujourd’hui, on estime que ces « forêts artificielles » couvrent 90 millions d’hectares, soit plus d’un tiers de la surface boisée totale la Chine. Afin de préciser leurs effets sur l’environnement, des chercheurs se sont appuyés sur un vaste ensemble de données satellitaires et l’apprentissage automatique.
Globalement, il s’est avéré que le couvert végétal des nouvelles forêts augmentait 3 à 4 fois plus rapidement que celui de leurs homologues naturelles. Une croissance fulgurante notamment liée à leurs concentrations de jeunes arbres, dont le métabolisme plus actif favorise une absorption accrue du CO2.
Les comparaisons avec des forêts naturelles de composition similaire ont également montré que leur couvert végétal demeurait en moyenne 4,6 % plus important, suggérant que les techniques de plantation et la préparation préalable des sols jouent aussi un rôle significatif. Les écarts les plus frappants concernaient les forêts mixtes et de conifères.

Affiner nos modèles
D’après les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Geophysical Research Letters, cette tendance illustre la capacité d’adaptation remarquable de certains arbres à l’augmentation des niveaux de CO2 atmosphérique.
Dans le même temps, ils soulignent la nécessité de ne pas considérer les forêts du monde comme un tout homogène dans nos modèles, afin d’évaluer plus précisément leur contribution à l’atténuation du changement climatique.
Plus tôt cette année, une étude portant sur la partie de la Grande Muraille verte bordant le désert du Taklamakan avait suggéré sa transformation en puits net de carbone, avec 8,3 millions de tonnes de CO2 absorbées annuellement entre 2004 et 2017, contre 6,7 millions de tonnes rejetées.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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Catégories: Écologie, Actualités