Depuis plusieurs années, ce camion blanc aménagé en cabinet gynécologique itinérant vient en aide aux femmes en situation de grande précarité et les réconcilie avec leur corps et leur santé. Une initiative sociale et solidaire qui mérite assurément d’être relayée.

 

Un camion solidaire qui offre un soutien gynécologique et psychologique aux plus démunies

Surnommé « frottis-truck » en référence aux « food-truck » qui proposent de la nourriture, ce camion utilitaire de 20 m3 a été aménagé par l’Association pour le développement de la santé des femmes (ADSF), qui opère principalement en Ile-de-France depuis 2014. Des bidonvilles aux squats en passant par les lieux fréquentés par les prostitués ou le SDF, le camion va à la rencontre des femmes les plus démunies afin de leur proposer une évaluation gynécologique, un frottis de dépistage du cancer du col de l’utérus et un accompagnement vers le soin.

Comme l’explique Nadège Passereau, déléguée générale de l’ADSF : « On oublie trop souvent dans la prise en charge des plus précaires que les femmes ont des besoins spécifiques, pas uniquement au moment où elles peuvent avoir des enfants mais toute leur vie ». C’est ici qu’intervient le « frottis-truck », en leur offrant non seulement un suivi gynécologique, l’accès gratuit aux protections hygiéniques et aux moyens de contraception mais également un soutien moral et psychologique.

 

Plus de 900 femmes prises en charge en 2018

Bien souvent, les femmes qui se rendent au frottis-truck n’ont jamais rencontré de gynécologue de leur vie. Véritable lieu d’écoute, ce véhicule itinérant permet également à toutes celles qui le souhaitent de se confier sur les difficultés de leur quotidien ou les violences qu’elles ont subi ou subissent encore. Selon Nadège Passereau : « Pour les femmes, on parle de violences mais la santé mentale n’est pas prise en considération dans l’aide aux plus démunis, or, c’est une forme de violence ».

Selon les chiffres de l’ADSF, 95 % des femmes qu’elle accompagne ont subi des violences, 11 % étaient enceintes et 60 % n’avaient pas de suivi gynécologique depuis plus d’un an, dont 92 % de femmes vivant dans la rue. Comme le précise la déléguée générale de l’association : « Quand leur urgence au quotidien c’est manger, se protéger, avoir un toit, elles mettent de côté leur santé, leur propre corps et l’état se dégrade ». Depuis janvier 2018, le « frottis-truck » est allé à la rencontre de plus de 900 femmes, preuve de l’absolue nécessité de tels dispositifs solidaires.

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