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Instauré depuis cinq semaines, le confinement commence à produire des effets néfastes sur la santé des Français. Des études, initiées dès la fin du mois de mars, montrent une nette augmentation de la proportion de la population développant des troubles psychiques.

Des symptômes qui ne trompent pas

74 %, c’est le pourcentage de Français qui souffrent désormais de troubles du sommeil, d’après l’enquête Coconel (coronavirus et confinement), réalisée auprès d’un millier de personnes par l’IFOP. Ces désordres nocturnes se manifestent par des difficultés d’endormissement, des cauchemars ou de fréquentes phases de réveil.

D’autres enquêtes viennent compléter ces chiffres, comme celle lancée par le professeur Nicolas Franck, psychiatre au centre hospitalier Le Vinatier, qui a co-organisé une étude en ligne. Un questionnaire qui permet de disposer d’indicateurs sur le bien-être de la population.

Ce qui ressort de ces travaux est que le ressenti au quotidien se dégrade, avec une sensation de perte de plaisirs et une baisse de l’optimisme. Ce qui fait redouter une recrudescence de personnes avec des syndromes dépressionnaires à court ou à moyen terme.

Le manque de relations sociales ou d’activités, l’ennui ou encore un climat anxiogène sont autant de raisons qui perturbent l’équilibre émotionnel.

Des profils plus fragiles que d’autres

L’environnement social ou la solitude semblent être également des critères prépondérants. L’état psychologique qui inquiète est celui des personnes seules, confinées dans de petits espaces, aux faibles revenus ou souffrant de handicap. Une prévalence de 55 % de ces profils avec des signes de détresse psychologique contre 22 % dans les ménages aisés.

Quant aux personnes confinées en famille, il apparaît que ce sont les femmes qui souffrent davantage de la situation puisque 52 % d’entre elles, âgées de 36 à 45 ans, se disent concernées par ces symptômes de mal-être.

Ces chiffres sont à comparer avec les études sur la surcharge mentale des femmes durant le confinement. C’est en effet dans cette tranche d’âge qu’elles sont le plus exposées au cumul des tâches : travail, éducation des enfants, ménage et cuisine.

Tous les spécialistes l’affirment : ces éléments devront être pris en compte dans le plan d’action relatif à la sortie de crise. Le déconfinement devra se faire en s’adaptant à l’état général de la population, notamment celle fragilisée par cet épisode angoissant. Outre l’accompagnement à mettre en place, une partie de l’effort se concentrera sur le fait de ne pas stigmatiser les victimes de ce mal-être.

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