Dans l’histoire de l’humanité, la révolution néolithique qui se déroule environ huitième millénaire avant J.-C. marque un tournant majeur, avec l’invention de l’agriculture. En revanche, fait beaucoup moins connu, il ne faut pas oublier que les fourmis ont inventé l’agriculture et l’élevage il y a des millions d’années, bien avant notre espèce donc.

Ce sont les fourmis champignonnistes qui ont, poussées par la sécheresse, développé l’agriculture et elles représentent l’un des rares groupes d’animaux à en être capables. En effet, leur fourmilière abrite des champs souterrains où elles aménagent une véritable culture de champignons, qui constitueront plus tard la grande majorité de leur régime alimentaire. C’est dans les habitats secs d’Amérique du Sud que les chercheurs ont fait cette découverte.

Si elles ne sont pas des êtres conscients comme nous, elles se sont en revanche mises à cultiver les champignons des millions d’années avant que les humains ne découvrent et n’imaginent l’agriculture. Et encore plus intéressant, ce n’est pas une découverte fortuite d’une fourmi, qui aurait transmis cette méthode à ses descendants. Non, il existe des véritables fourmis agricultrices, qui sont maintenant capables de protéger les cultures, que ce soient des agresseurs comme des parasites ; des maladies, ou encore des problèmes climatiques comme les nombreuses sécheresses avec un fort niveau d’efficacité. Plus impressionnant encore, les chercheurs estiment qu’elles sont à l’origine de nouvelles espèces de champignons, qui sont maintenant dépendants de l’apport des fourmis, à savoir des soins réguliers et personnalisés.

D’autres fourmis, elles, se sont spécialisées dans l’élevage, et notamment celui de pucerons ou de chenilles. Ici, nous avons un rapport d’intérêts communs où les fourmis peuvent récolter le miellat, un liquide sucré et sécrété par les pucerons. En échange, ces derniers obtiennent une protection assurée, au point que les chercheurs ont observé des cas où les fourmis vont jusqu’à entreposer des œufs de pucerons dans leur propre nid pendant l’hiver. Cette véritable symbiose entre espèces animales et végétales était jusqu’il n’y a pas longtemps insoupçonnée. Parfois, les fourmis ne vont pas hésiter pas à renier les ailes de pucerons pour éviter qu’ils ne s’envolent, et les techniques chimiques que les fourmis utilisent afin de marquer leur territoire sont également utiles pour apaiser les pucerons.

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