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Des paléontologues ont découvert les restes fossilisés de quatre spécimens appartenant à une nouvelle espèce de python préhistorique. Vieux d’environ 47 millions d’années, ceux-ci constituent les plus anciens témoignages fossiles de python connus et bouleversent leur arbre évolutif.

Une nouvelle espèce de python préhistorique

Décrits dans la revue Biology Letters, les squelettes découverts par les chercheurs de l’Institut de recherche Senckenberg de Francfort et de l’université de Sao Paulo ont été mis au jour lors de fouilles dans la fosse de Messel (Allemagne). Aujourd’hui classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO, cette ancienne mine de schiste est connue pour abriter de nombreux fossiles, qui avaient précédemment offert aux scientifiques un aperçu inédit de l’évolution des premiers mammifères au cours de l’Éocène, il y a entre 57 et 36 millions d’années.

Repoussant les origines des pythons de quelque 20 millions d’années en arrière, la découverte de Messelopython freyi suggère que cette espèce primitive a d’abord évolué dans l’hémisphère nord avant de s’établir dans l’hémisphère sud, où se trouve aujourd’hui la plupart de ses descendants modernes.

« Jusqu’à présent, nous ne disposions pas de fossiles anciens permettant de déterminer leur hémisphère d’origine », explique Krister Smith, auteur principal de l’étude. « Les témoignages récemment découverts sont de loin les plus anciens pour les pythons, et le fait qu’ils aient été trouvés en Europe laisse penser qu’ils seraient originaires de l’hémisphère nord. »

Afin de s’assurer que les fossiles découverts étaient bien ceux d’une toute nouvelle espèce de python, les chercheurs ont comparé les quatre spécimens à d’autres provenant de collections de musées du monde entier. La ménagerie complète comprenait 90 espèces différentes de serpents et de lézards, et les analyses ont impliqué la tomodensitométrie ainsi qu’un examen microscopique. Au total, ces dernières ont permis de mettre en évidence 785 caractéristiques physiques distinctes. Mesurant environ 1,5 mètre de long, Messelopython freyi possédait quelque 275 vertèbres.

Des découvertes suggérant que boas et pythons préhistoriques partageaient le même écosystème

En plus de suggérer la possibilité que les pythons aient d’abord évolué en Europe, ces découvertes pourraient également avoir des implications intéressantes concernant le moment et la raison pour laquelle les pythons et leurs cousins boas constricteurs ont pu diverger. En dépit de leurs similitudes, ceux-ci possèdent aujourd’hui des aires de répartition différentes, mais la découverte de fossiles des deux espèces dans la fosse de Messel suggère qu’ils ont été amenés à partager les mêmes territoires durant l’Éocène.

« La présence de fossiles de Messelopython freyi et de boas primitifs comme l’Eoconstrictor fischeri montre qu’ils partageaient un écosystème commun », souligne Smith. « Ce qui remet en question la thèse voulant que ces deux groupes de serpents étaient en concurrence, et par conséquent incapables de partager les mêmes habitats. »

Selon le paléontologue Hussam Zaher, co-auteur de l’étude, mettre au jour davantage de fossiles de ces espèces en Europe et dont le contenu de l’estomac aurait été conservé pourrait nous en apprendre davantage sur leur cohabitation. Le chercheur rappelant que différentes espèces de pythons et de boas introduites en Floride s’y sont toutes deux établies avec succès. Une situation ayant récemment poussé l’État américain à envisager la consommation de ces espèces invasives.

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