― Iakov Filimonov / Shutterstock.com

Sifflements, insultes, remarques déplacées… Le harcèlement de rue est très courant en France. Touchant 81 % des femmes dans l’Hexagone, il peut même aboutir à des violences physiques. Récemment, L’Oréal Paris avec l’ONG Hollaback! et la Fondation des Femmes ont créé une formation baptisée « Stand Up » pour apprendre comment réagir face au harcèlement dans les espaces publics.

Une formation didactique

Il n’est pas rare de voir des femmes victimes de harcèlement sexuel dans les espaces publics (dans la rue, dans les transports en commun, dans les salles de sport, dans les restaurants, etc.). Seulement, très peu de gens savent comment réagir face à ce genre de situation. La formation Stand Up s’adresse non seulement aux personnes victimes, mais également aux témoins de ce type de harcèlement. Mise au point par l’ONG Hollaback!, cette formation a été testée sur les campus américains. Elle s’appuie sur la règle des 5D : Distraire, Déléguer, Documenter, Diriger et Dialoguer. La façon d’utiliser ces outils varie toutefois selon la position de la personne concernée (victime ou témoin).

En ce qui concerne les témoins, il est conseillé de montrer son soutien à la victime, de ne pas hésiter à demander de l’aide à son entourage, de filmer discrètement la scène pour que la victime ait une preuve à fournir si elle souhaite porter plainte et de distraire le harceleur de façon indirecte. Quant aux victimes de harcèlement, il est conseillé de demander au harceleur d’arrêter et de s’éloigner, de demander de l’aide à son entourage et de prendre une photo ou de demander à un témoin de le faire.

Cette formation est rapide, gratuite et accessible à tout le monde. Elle est disponible depuis le début d’année sur le site officiel de Stand Up. À l’heure où nous écrivons ces lignes, plus de 50 000 personnes ont déjà appris à faire face au harcèlement en passant par ce site.

En France, le harcèlement de rue est très courant

Pour mieux lutter contre le harcèlement de rue, L’Oréal Paris, Hollaback! et la Fondation des Femmes ont mené une étude internationale sur ce sujet, en partenariat avec Ipsos. Dans le cadre de cette étude, ils ont interrogé 15 500 personnes dans huit pays différents. Les recherches ont démontré que 81 % des femmes en France ont déjà été victimes de harcèlement sexuel dans les lieux publics, 20 % d’entre elles ont été aidées par des témoins et 86 % des gens ne savent pas comment réagir lorsqu’ils sont témoins de harcèlement.

Il est à noter que la France est le premier pays à avoir verbalisé le harcèlement de rue. Dans l’Hexagone, cette infraction peut notamment valoir une amende allant jusqu’à 750 euros. De nombreux pays ont voté des lois visant à combattre cet acte avant la France. Cependant, les sanctions instaurées dans les autres pays ne concernent pas du flagrant délit. Les victimes doivent déposer plainte et fournir des preuves si elles souhaitent obtenir justice. D’après l’ONG International Women’s Initiative, « il est extrêmement difficile pour une victime de réclamer une sorte de dommage et de porter plainte » dans ces pays.

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