Pour la première fois, on a retrouvé de la pollution de l’air dans le placenta humain

Bien que différentes études aient préalablement établi un lien entre air pollué et nombreux problèmes de santé chez le fœtus et les jeunes enfants (hypertension artérielle, problèmes respiratoires, obésité infantile), c’est la première fois que les chercheurs découvrent la présence de particules de carbone dans le placenta.

 

La pollution de l’air a des effets terribles sur le développement du fœtus

Une équipe de chercheurs de l’Université Queen Mary de Londres est arrivé à cette triste conclusion après avoir examiné le placenta de cinq femmes après leur accouchement par césarienne. Toutes étaient non-fumeuses et résidaient dans la capitale anglaise, connue pour ses niveaux de pollution de l’air extrêmement élevés. Les scientifiques ont analysé 3 500 cellules macrophages placentaires, responsables de l’absorption de particules toxiques, et découvert que chacun des placentas comportait en moyenne 60 cellules touchées, ce qui représente environ 5 micromètres carrés de particules de carbone.

Il existait jusqu’à présent peu de preuves démontrant que les particules d’air pollué inhalées par la mère transitaient par le sang des poumons au placenta. Comme l’a expliqué la chercheuse Lisa Miyashita : « Nous savions depuis un certain temps que la pollution de l’air impactait négativement le développement du fœtus, mais nous souhaitions savoir si ces particules toxiques passaient des poumons de la mère au placenta ».

Londres fait partie des 20 villes les plus polluées au monde © David Holt/Flickr

 

Un problème d’envergure mondiale

Avec seulement cinq placentas analysés, cette étude de taille restreinte ne prouve pas nécessairement que les particules d’air pollué puissent passer du placenta au fœtus. Mais cela pourrait expliquer les nombreux problèmes prénatals observés dans les villes ou l’air est très pollué selon les chercheurs, qui précisent par ailleurs que les particules d’air pollué n’ont pas nécessairement besoin d’entrer dans le corps du fœtus pour causer de graves dommages.

D’après Mina Gaga, présidente de l’European Respiratory Society : « Cette découverte devrait sensibiliser les médecins et le public aux effets désastreux de la pollution de l’air sur les femmes enceintes. Nous avons besoin de politiques plus strictes afin de limiter la pollution atmosphérique, qui a un impact désastreux sur la santé de millions de personnes à travers le monde ».


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