Ces films vous prouvent que la science-fiction est très liée aux problèmes qui affectent le monde réel

La science-fiction est un genre qui nous emmène dans des univers futuristes et (ou) peuplés d’extraterrestres, mais ce n’est pas pour autant que le genre ne traite pas de question concrète, bien au contraire. Il permet en effet de traiter, par le biais de l’allégorie, des problèmes bien réels et de nous amener à y réfléchir de manière distrayante et intelligente. SooGeek vous fait découvrir cinq films 100 % pure science-fiction et qui traitent de sujets concrets. 

 

District 9 – Le racisme

District 9 repose sur un postulat de départ très simple et 100 % science-fictionnel : que se passerait-il si un vaisseau spatial géant en perdition rempli d’extraterrestres se retrouvait au-dessus de l’Afrique du Sud ? Si les étrangers ne sont pas hostiles, leurs rapports avec les humains sont tendus, et ils deviennent un problème diplomatique majeur, au point que ces derniers les parquent dans le District 9, un camp aux allures de ghetto… On l’aura compris, District 9, par son intrigue ou son univers, traite du racisme et de la xénophobie par le biais de ces extraterrestres qui en sont victimes. Des thèmes tout sauf innocents pour un film se déroulant dans un pays marqué par l’apartheid et dont le réalisateur Neill Blomkamp est originaire.

 

A.I. Intelligence artificielle – L’éthique de l’intelligence artificielle

Dernier projet de Stanley Kubrick, A.I. Intelligence artificielle a finalement été réalisé par Steven Spielberg, et s’il n’a pas rencontré le succès auprès du grand public, il n’en demeure pas moins une oeuvre ambitieuse. On y suit les malheurs de David, un enfant-robot d’abord aimé puis rejeté. À travers le personnage, le film traite des questions de l’éthique robotique, et surtout de la place et de l’attention que l’on doit accorder à une machine si perfectionnée qu’elle peut véritablement se faire passer pour un humain. À ce titre, la prestation de l’enfant-acteur Haley Joel Osment demeure mémorable, puisque, que vous la trouviez mémorable ou touchante, on ne peut lui reprocher d’incarner « idéalement » un enfant alors qu’il est censé n’être qu’un robot. Et le film nous questionne ainsi sur ce que nous considérons comme humain ou non.

 

Bienvenue à Gattaca – L’eugénisme 

Bienvenue à Gattaca se déroule dans un futur relativement proche où l’eugénisme a pris le pas sur le reste dans la société. Ce qui signifie que si votre génome n’est pas suffisamment parfait, vous ne pouvez pas mener la vie que vous souhaitez ou trouver un travail, et vous devenez même le suspect numéro 1 en cas de meurtre puisqu’une personne génétiquement parfaite ne s’abaisserait bien sûr pas à cela. C’est en tout cas la dure expérience que doit vivre le héros Vincent, joué par Ethan Hawke. Se déroulant dans un monde glaçant et désespérant, Bienvenue à Gattaca n’en demeure pas moins un film vibrant et émouvant qui prouve que la génétique, ou toute autre raison de croire à un quelconque déterminisme, ne fait pas le poids face au courage et à la force de la volonté, même s’il est évident que le monde de Gattaca ne devrait pas exister.

 

Never Let Me Go – Le clonage

Never Let Me Go est adapté du roman éponyme de Kazuo Ishiguro, et contrairement à beaucoup d’autres films du genre sa portée philosophique se dissimule au premier abord pour mieux se dévoiler avec plus d’impact sur la fin. On y suit la vie de Ruth, Kathy et Tommy, joués respectivement par Carey Mulligan, Keira Knightley et Andrew Garfield, depuis leur enfance et leur adolescence dans un internat à leur vie de jeunes adultes… sauf que l’on est amené à comprendre au fil de l’histoire que les trois personnages sont en fait des clones, et qu’après plusieurs dons d’organes, ils mourront. Terrible et inéluctable, Never Let Me Go questionne encore une fois la nature de l’être humain, et soulève les plus graves problèmes liés au clonage : un clone est-il un individu à part entière ? Sa vie vaudrait-elle moins que celle de l’être qu’il sauve par son sacrifice ?

 

Contact – La religion à l’épreuve de la science – et vice versa

Contact se présente comme un film incroyablement réaliste et crédible racontant ni plus ni moins que la captation du premier signal extraterrestre jamais enregistré. Comment réagirait l’Humanité après une telle découverte et quelles en seraient les implications conceptuelles et philosophiques ? Le film de Robert Zemeckis donne également la part belle à une question que l’on a l’impression de très peu voir dans les histoires de science-fiction, à savoir celle de la religion. En effet, Contact traite de la manière dont la religion peut réagir et appréhender l’existence d’êtres ailleurs, mais également la foi et la croyance, même lorsque ces dernières ne sont pas religieuses. Bref, un film profond, intelligent et humain.

 

Ces films extraordinaires nous emmènent vers des mondes nouveaux qui connaissent des problèmes graves que nous pourrions connaitre (ou connaissons déjà…) dans la réalité. C’est à la fois glaçant, révoltant et émouvant, et on est subjugué par cette capacité qu’a la science-fiction à nous emporter et nous faire réfléchir. Lequel de ces films est selon vous le plus percutant ?


A ceux qui osent, rien n’est impossible.

— Matthew Gregory Lewis