Malgré le combat des défenseurs des animaux, la controversée ferme des 1 000 veaux va s’agrandir

Au cœur de la Creuse, la ferme des 1 000 veaux fait une nouvelle fois parler d’elle. Très contestée par les associations de défense des animaux et de l’environnement, cette ferme va pourtant s’agrandir et pouvoir doubler sa capacité d’accueil. Au total, ce sont bientôt 800 veaux qui vont y être engraissés. 

UNE USINE PLUS QU’UNE FERME ?

Située à Saint-Martial-Le-Vieux, la « ferme des 1 000 veaux » est une exploitation qui fait débat depuis maintenant deux ans. Loin de l’image de la ferme où le bétail vit librement dans les prés, cette établissement ressemble davantage à une usine. Le lieu est présenté comme un centre d’engraissement bovin possédant une capacité d’accueil de 1 000 bêtes.

Cependant, ses détracteurs voient dans cette « ferme-usine » un lieu destiné à n’accueillir que des veaux de 8 mois appelés broutards. Le but serait de les engraisser avant un envoi à l’abattoir. Sujet à controverse d’un point de vue aussi bien animal qu’environnemental, la ferme avait été victime d’un incendie criminel en 2016.

Cependant, elle continue son expansion et elle pourra bientôt doubler sa capacité d’exploitation, passant de 400 à 800 animaux. La nouvelle a suscité la surprise et l’indignation des associations car elle n’était pas censée être réalisable, jusqu’à ce que l’État en décide autrement.

UN DÉCRET CRÉÉ POUR L’EXPLOITATION ?

Jusqu’à maintenant, les associations avaient réussi à ralentir l’activité de la ferme des 1 000 veaux en multipliant les actions. Le combat avait porté ses fruits et seuls 400 animaux vivaient au cœur du centre d’engraissement. Ce chiffre n’est d’ailleurs pas anodin, car pour pouvoir en accueillir davantage, il faut demander une autorisation aux autorités.

Un décret publié le 7 décembre 2016 permet toutefois à la ferme des 1 000 veaux de s’agrandir sans obtenir cette autorisation. Promulgué par la ministre de l’environnement de l’époque, Ségolène Royal, ce décret permet aux exploitations qui le souhaitent de doubler leur capacité simplement en effectuant un enregistrement administratif.

LE COMBAT CONTINUE

Si l’agrandissement de la ferme des 1 000 veaux semble inévitable, les associations de défense des animaux ne mettent pas un terme au combat qu’elles ont entrepris. Le 20 février dernier, l’association L-PEA (Lumière sur les pratiques d’élevage et d’abattage) a ainsi révélé sur Facebook l’existence de ce décret alors méconnu du grand public.

Engagée depuis le début contre cette usine productrice de viande de masse, l’association a réaffirmé son désir de se battre en faveur des droits des animaux et de l’environnement par la voix de sa présidente, Aurore Lenoir. « Nous constatons, une nouvelle fois, que l’État n’hésite pas à aller dans le sens des lobbies et des grands syndicats agricoles, nombreux à faire pression sur ce dossier, à l’encontre de l’intérêt général, du bien-être animal et au mépris des procédures en cours et des décisions de justice déjà rendues. Nous comptons bien déposer un recours administratif contre ce décret au nom de la défense des animaux et de l’environnement ».


Il faut aimer la vie, même dans ses formes les moins attirantes

— Cousteau