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Ce sont des chiffre alarmants qui viennent de tomber : en 2019, le nombre de féminicides a augmenté de 21 %. Ce sont désormais 146 femmes qui ont été tuées au cours de l’année par leur conjoint ou ex-conjoint.

Des meurtres souvent causés par une dispute

L’étude, rendue publique par le ministère de l’Intérieur, est sans appel : les féminicides sont en hausse en 2019. On dénombre 146 femmes victimes en un an. 27 hommes sont également décédés des suites de violences au sein de leur couple, en hausse de 16 %. Au total, ce sont 173 victimes de violences conjugales en 2019, femmes et hommes confondus. Cela correspond à un décès tous les 2 jours.

Les différentes études menées par le ministère de l’Intérieur et les associations féministes concordent à peu près. Elles en ont conclu que 84 % des victimes de mort violente au sein d’un couple sont des femmes, majoritairement françaises, entre 30 et 49 ans ou de plus de 70 ans. La plupart sont sans emploi ou retraitées. Les auteurs de ces crimes sont des hommes à 88 %, 65 % n’ont pas ou plus d’activité professionnelle, 24 % sont employés ou ouvriers. Dans la grande majorité des cas, une arme blanche ou une arme à feu sert à ces crimes, et dans 17 % des cas, le décès est dû à une asphyxie, un étouffement ou une strangulation. Les crimes sont souvent commis au domicile conjugal, ou bien chez l’auteur ou la victime.

La cause du passage à l’acte est bien souvent une dispute ou le refus d’une séparation. Le féminicide reflète donc la peur et la rage d’un homme qui voit ce qu’il considère être comme « son objet » lui échapper.

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Des politiques publiques insuffisantes

« Marlène Schiappa n’a pas fait ce qu’il fallait. Les principales mesures du Grenelle ne sont pas mises en place, les moyens ne sont pas mis pour protéger suffisamment ces femmes », déplore Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, à l’AFP. « C’est une hausse effroyable, mais qui ne me surprend pas(…) ça doit appeler une réaction urgentissime, le blabla ne suffit pas, il est nécessaire qu’il y ait des mesures fortes. »

Autre fait inquiétant : 41 % des victimes de féminicide avaient déjà subi par la passé au moins une forme de violences, physique ou psychologique. Parmi elles, 63 % avaient porté plainte pour ces faits. Déjà en 2016, Nicole Belloubet, alors ministre de la Justice, déclarait que « la chaîne pénale n’est pas satisfaisante« . Cela amène donc à un constat : tous ces drames auraient pu être évités. À l’automne, un Grenelle contre les violences conjugales avait eu lieu, alors qu’Emmanuel Macron avait décrété l’égalité entre les femmes et les hommes « grande cause du quinquennat ». Marlène Schiappa, à l’époque secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes, affirme aujourd’hui que ce Grenelle « a permis une vraie prise de conscience et une mobilisation de toute la société face aux violences conjugales. Avant le Grenelle, 8 % de la population connaissait le 3919 [numéro d’aide] : c’est désormais plus de 64 %. »

Pour les associations féministes, c’est toutefois loin d’être suffisant. Le collectif féministe #NousToutes, qui recense les féminicides, propose des solutions afin de mettre un terme à ce fléau. Tout d’abord, il faudrait une augmentation des moyens financiers et humains pour prévenir ces crimes. Cette augmentation serait un plan d’urgence d’un milliard d’euros comprenant une formation des forces de l’ordre sur le sujet, ainsi que des magistrats, professionnels de santé concernés, un « plan d’éducation obligatoire » dès le plus jeune âge, plus d’ouverture dans les centres d’hébergement d’urgence… Les solutions existent. Reste à savoir si les pouvoirs publics vont réellement mettre en place ce qu’ils promettent. Mais, comme le rappelle Caroline De Haas, du collectif : « Pour que ce changement ait lieu, il faut qu’il y ait une véritable impulsion politique. Pour le moment, avec un ministre de la Justice qui qualifie les féministes d’ayatollahs, ça semble largement compromis. » Le chemin semble encore long.

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