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Face aux canicules, notre patrimoine génétique pourrait influencer notre résistance à la chaleur

Pourquoi une même température terrasse-t-elle certaines personnes quand d’autres poursuivent leur journée presque normalement ? Derrière cette étrange inégalité se cachent l’âge, la santé et l’acclimatation, mais aussi une piste encore mystérieuse : notre patrimoine génétique pourrait modifier la façon dont le corps affronte la fournaise.

Un homme très affecté par la chaleur marche aux côtés d’une femme plus résistante lors d’une canicule à 41 °C en ville.
Face à une même température extrême, la réaction du corps peut varier selon l’acclimatation, l’âge, la santé et peut-être aussi certains facteurs génétiques – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Les mécanismes physiologiques qui permettent au corps de lutter contre la chaleur

À mesure que l’air se réchauffe, l’organisme déclenche une véritable opération de survie. Ainsi, les vaisseaux proches de la peau se dilatent, tandis que le cœur accélère. Par ailleurs, la transpiration évacue une partie de la chaleur. Cependant, cette mécanique de refroidissement ne fonctionne pas de la même façon chez tous, surtout lorsque l’humidité bloque l’évaporation.

De plus, le rapport Heat, Health and Human Genetics, publié en 2023 par la PHG Foundation, liée à l’Université de Cambridge, met en lumière cette complexité. En effet, la réaction thermique dépend d’un mélange de physiologie, d’environnement et de génétique. Toutefois, la part exacte des gènes reste difficile à mesurer, car elle se confond avec le mode de vie et les expositions passées.

Le rôle des gènes TRPV1 et des protéines HSP dans la réponse thermique

Parmi les pistes étudiées figure TRPV1. En effet, ce gène code un récepteur sensoriel activé par les températures élevées. Fait surprenant, il réagit aussi à la capsaïcine des piments. Ainsi, cette molécule donne une sensation de brûlure sans chaleur réelle, ce qui montre que le corps utilise des circuits similaires pour détecter ces deux types de stimuli.

Par ailleurs, une revue publiée en 2025 dans The Journal of Physiological Sciences suggère que TRPV1 pourrait participer à la régulation thermique. De plus, il pourrait influencer certains comportements liés à la perte de chaleur. Néanmoins, son rôle reste partiellement énigmatique, et aucune preuve ne montre qu’une variante protège réellement contre les canicules.

En parallèle, les protéines de choc thermique, appelées HSP, offrent une autre piste. En effet, elles apparaissent lorsque les cellules subissent un stress. Leur rôle est crucial, car elles agissent comme des équipes de réparation moléculaire. Ainsi, elles stabilisent les protéines endommagées et facilitent leur récupération, ce qui pourrait expliquer certaines différences de tolérance.

L’acclimatation progressive améliore la tolérance du corps aux fortes chaleurs

Certes, la génétique intrigue, mais l’acclimatation reste le facteur le mieux compris. En effet, après plusieurs expositions, le corps s’adapte progressivement. Ce processus dure souvent sept à vingt et un jours. Ainsi, la transpiration démarre plus tôt, la circulation devient plus efficace et l’organisme conserve mieux le sodium.

Par conséquent, cette adaptation explique certaines différences visibles. Une personne habituée à travailler dehors supporte souvent mieux la chaleur. À l’inverse, une exposition soudaine peut être difficile. Toutefois, cette adaptation reste fragile, car quelques semaines sans chaleur suffisent à la réduire, et une déshydratation ou un effort intense peut dépasser cette tolérance nouvellement acquise.

L’impact de l’âge et des maladies sur la vulnérabilité face aux canicules

D’une part, l’âge joue un rôle majeur. Avec le temps, la transpiration devient moins efficace, tandis que les vaisseaux cutanés réagissent plus lentement. De plus, la sensation de soif diminue. Ainsi, le corps accumule davantage de chaleur avant de réagir, ce qui explique pourquoi les personnes âgées présentent un risque accru d’hyperthermie et de déshydratation.

D’autre part, certaines maladies aggravent encore la situation. En effet, les troubles cardiovasculaires, le diabète ou l’obésité perturbent la thermorégulation. Par ailleurs, certains médicaments accentuent ces effets. De plus, la chaleur impose un effort supplémentaire au cœur, et l’Organisation mondiale de la santé rappelle qu’elle peut aggraver plusieurs pathologies chroniques et provoquer des urgences graves.

Ainsi, les gènes ne sont ni une protection absolue ni une fatalité. Ils représentent plutôt une pièce d’un puzzle complexe. Dès lors, avec la multiplication des canicules, mieux comprendre cette vulnérabilité thermique devient essentiel. Reste alors une question : jusqu’où faudra-t-il explorer notre ADN pour anticiper les risques climatiques ?

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