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Préparée depuis plusieurs années, une exposition consacrée à l’histoire de l’Empire mongol au Musée d’histoire de Nantes sera une fois de plus repoussée. Cette fois-ci, les raisons évoquées ne concernent pas la pandémie de coronavirus, mais une censure exigée par le gouvernement chinois.

Une censure résultant de la discrimination des Mongols en Chine

Le Musée d’histoire de Nantes a annoncé qu’il avait décidé de repousser, une fois de plus, son exposition sur l’histoire de Gengis Khan et la culture mongole. Dans un communiqué officiel, le musée a déclaré que l’exposition, qui devait avoir lieu le 17 octobre et qui avait déjà été repoussée au premier semestre 2021 en raison de la pandémie de coronavirus, serait à nouveau reportée en raison de l’ingérence écrasante des autorités chinoises. « Nous avons pris la décision de stopper cette production au nom des valeurs humaines, scientifiques et déontologiques que nous défendons », a expliqué Bertrand Guillet, directeur du château des ducs de Bretagne, dans le communiqué.

Selon les explications données par le Musée d’histoire de Nantes, le gouvernement chinois avait imposé « une censure à l’égard du projet initial » en imposant un nouveau synopsis proposé, écrit par le bureau du patrimoine de Pékin. Les organisateurs ont notamment déclaré que les autorités chinoises ont exigé que certains mots, comme « Gengis Khan », « Empire » et « Mongol », soient retirés de l’exposition. La Chine a également exigé un contrôle de tous les textes, cartes, catalogues et autres supports de communication.

En interdisant certains mots et certains récits, la Chine veut « appliquer comme une censure à l’égard du projet initial » a expliqué le musée. Cela « comporte notamment des éléments de réécriture tendancieux visant à faire disparaître totalement l’histoire et la culture mongole au bénéfice d’un nouveau récit national ». En effet, la tension règne entre la Chine et la Mongolie depuis longtemps, et cette tentative de censure intervient alors que la discrimination sur la minorité mongole en Chine a connu un durcissement important. En effet, la Chine a récemment décidé d’imposer le mandarin, au lieu du mongol, comme langue d’apprentissage dans une région majoritairement peuplée de Mongols.

Un report de quatre ans pour réorganiser l’exposition sans la participation de la Chine

Face à une telle politique de censure, et malgré les nombreuses années de préparation, il a ainsi été décidé que le Musée d’histoire de Nantes se passera de la collaboration chinoise – et par extension du partenariat avec le Musée de Mongolie-Intérieure à Hohhot, en Chine – pour réaliser l’exposition. Pour ce faire, les organisateurs ont décidé que l’exposition sera « nourrie de collections européennes et américaines ». Le musée a également précisé que l’exposition maintiendra son synopsis initial. « Ce sera notre projet, mais avec des objets prêtés par d’autres musées », a expliqué Bertrand Guillet à Ouest-France.

Quant à la nouvelle date de l’exposition, cela aura lieu en 2024. Cette exposition-évènement sera une première en France et a nécessité – et nécessitera encore – plusieurs années de préparation. Par ailleurs, des changements seront sans doute apportés par rapport au projet initial, étant donné le retrait des collections chinoises de l’exposition. Intitulée « Fils du ciel et des steppes : Gengis Khan et la naissance de l’Empire mongol », l’exposition traitera non seulement de l’histoire du célèbre conquérant, mais également de la vie, des traditions, des croyances, de l’art et de l’architecture des Mongols.

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