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— © Gabriel Perez Diaz / Instituto de Astrofísica de Canarias

Des astronomes ont récemment mesuré le déclin orbital de l’exoplanète Kepler-1658b, située à 2 600 années-lumière de la Terre, et déterminé que celle-ci serait déchiquetée par son étoile dans environ trois millions d’années.

Spirale fatale pour Kepler-1658b

Découverte en 2009, Kepler-1658b est une « Jupiter chaude », terme utilisé pour décrire les exoplanètes gazeuses de masse comparable ou supérieure à Jupiter mais orbitant beaucoup plus près de leur étoile. Dans ce cas précis, cette distance se révèle actuellement huit fois plus faible que celle séparant le Soleil de Mercure, impliquant que Kepler-1658b, près de 6 fois plus massive que Jupiter, réalise le tour complet de son astre hôte en 3,8 jours seulement.

Mesurer le déclin orbital des exoplanètes s’avère notoirement difficile en raison de la nature lente et graduelle du processus. Selon les calculs réalisés par les astronomes, détaillés dans The Astrophysical Journal Letters, la période orbitale de Kepler-1658b diminue à un rythme microscopique d’environ 131 millisecondes par an, la rapprochant inexorablement de son étoile et d’une fin violente.

La mise en évidence de ce rapprochement a nécessité plusieurs années de minutieuses observations, réalisées à l’aide des télescopes Kepler, Hale et TESS. Ces trois instruments ont permis d’enregistrer les transits (lorsqu’une exoplanète passe devant son étoile et provoque une très légère atténuation de la luminosité de cette dernière) de Kepler-1658b.

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— Vadim Sadovski / Shutterstock.com

Une rotation rétrograde par rapport à son astre

Selon les auteurs de l’étude, la décroissance orbitale de cette lointaine exoplanète s’expliquerait principalement par ses caractéristiques ainsi que ses interactions gravitationnelles avec son étoile, connues sous le nom de forces de marée. Si de tels phénomènes ont pour effet d’éloigner la Terre et la Lune, la rotation rétrograde de Kepler-1658b par rapport à son astre la rapproche inexorablement de ce dernier.

« Nous avions déjà détecté des preuves d’exoplanètes aspirées vers leurs étoiles, mais jamais autour d’astres aussi évolués », souligne l’astrophysicien Shreyas Vissapragada. « La théorie prédit que ces étoiles extraient efficacement l’énergie des orbites de leurs planètes, et ces observations vont nous permettre de la mettre à épreuve. »

« Le système Kepler-1658 constitue un précieux observatoire céleste qui va nous permettre d’affiner nos modèles de physique des marées au cours des prochaines années », poursuit le chercheur. « Avec un peu de chance, nous en détecterons bientôt d’autres. »

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