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Capsule temporelle : des excréments d’écureuil fossilisés révèlent un monde perdu de l’ère glaciaire

Des centaines d’espèces végétales et animales ont été identifiées

— © Dubhe / Wikimedia Commons

L’analyse ADN de coprolithes de rongeurs de l’ère glaciaire a révélé un écosystème remarquablement riche, où se cotôyaient grands herbivores, félins, canidés et équidés.

Écosystème ancien

Mesurant une quarantaine de centimètres de long, les écureuils terrestres de l’Arctique (Urocitellus parryii) évoluent dans les plaines froides de la Sibérie et de l’Amérique du Nord. Il y a un peu plus d’une dizaine de milliers d’années, ces deux continents étaient reliés par le pont terrestre de Béring, ou Béringie, ayant permis les migrations de nombreuses espèces.

On estime que ces rongeurs hibernent environ huit mois par an, ce qui fait de leurs refuges souterrains, qui contiennent des quantités importantes de crottes et de réserves de nourriture, de précieuses archives paléontologiques. Afin d’en savoir plus sur les écosystèmes préhistoriques du Yukon (Canada), des chercheurs ont examiné 13 terriers d’U. parryii piégés dans le pergélisol.

Le séquençage génétique des excréments, datés de 700 000 à 30 000 ans, a révélé une biodiversité spectaculaire. Outre un vaste éventail de microbes, ce sont quelque 200 groupes végétaux ainsi que de nombreux animaux (insectes, rongeurs, éléphantidés, équidés, bovidés, canidés et félidés apparentés au puma ou au guépard) qui ont pu être identifiés. « Vous avez essentiellement la panoplie d’organismes qui formaient l’écosystème de la Béringie à l’époque glaciaire », estime Tyler Murchie, de l’Institut Hakai.

Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Communications, les quantités d’ADN étaient suffisantes pour reconstituer les génomes mitochondriaux de 12 écureuils terrestres, six mammouths laineux, trois chevaux, deux bisons et un lièvre préhistorique. De futures analyses pourraient permettre de préciser l’histoire évolutive des populations béringiennes.

Terrier d’U. parryii vieux d’environ 700 000 ans — © Murchie et al. / Nature Communications 2026

Rongeurs charognards

Alors qu’il est habituellement difficile de déterminer si l’ADN d’une espèce trouvé dans des coprolithes est le résultat d’une contamination environnementale indirecte, les quantités de matériel génétique identifiées ici renforcent l’idée que les rongeurs préhistoriques aient consommé de la viande de mammouth.

« Contrairement à ce que leur image suggère, les écureuils terrestres ne se nourrissent pas exclusivement de noix ou de graines. Ils ont en fait un régime assez omnivore, presque comparable à celui des ours », note Murchie. « Il existe même des observations récentes d’individus charognant de carcasses d’élans et de lynx. »

Précédemment, des chercheurs avaient même documenté des comportements prédateurs et carnivores chez des écureuils terrestres de Californie.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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