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L’Uniwave 200 — © Wave Swell Energy

De récentes analyses des performances de l’évent artificiel UniWave, qui récolte l’énergie des vagues, indiquent que celui-ci produira l’une des formes d’énergie renouvelable les plus fiables et les moins chères du marché.

Le système UniWave

Si les flux et reflux constants de l’océan constituent une source prometteuse d’énergie, les barrages et turbines marémotrices se révèlent très coûteux et, à l’exception de quelques projets expérimentaux en Corée du Sud, en France, au Canada et en Chine, cette forme d’énergie renouvelable n’a pas vraiment fait ses preuves. Cette vision est partagée par une société australienne, Wave Swell Energy, qui expérimente depuis un an son évent artificiel UniWave.

Les évents naturels sont des formations rocheuses semi sous-marines, formant un puits vertical exposé à la surface. Lorsque les vagues pénètrent ces cavités, la pression du courant ascendant expulse de l’air et de l’eau via cette « cheminée », et c’est précisément sur ce principe que repose le dispositif UniWave. Comportant une grande base en béton, la structure produit de l’électricité à l’aide d’une turbine actionnée par la pression de l’air dans un tube causée par les mouvements des vagues. Toutes les pièces mobiles de la turbine sont au-dessus de l’eau, qui ne tourne que lorsque le niveau de cette dernière baisse.

La preuve de concept est une petite unité de 200 kW installée près de la ville côtière de Grassy, en Tasmanie. Elle alimente le micro-réseau de l’île en électricité depuis juin de l’année dernière, et les résultats obtenus jusqu’à présent sont très prometteurs. Selon un nouveau rapport du CSIRO, le dispositif capte environ 50 % de l’énergie des vagues lorsqu’elles passent sous l’unité, quand le rendement nominal des éoliennes atteint environ 50 % et celui des panneaux solaires est compris entre 15 et 20 %.

Toujour selon le CSIRO, le coût nivelé de l’électricité sera de 0,032 $ par kWh d’ici 2030, ce qui le placera au même niveau que l’éolien terrestre et le solaire les moins chers, à condition que la technologie soit mise à l’échelle et déployée en masse pour atteindre une capacité d’environ 2 500 MW. Cela semble beaucoup, mais les auteurs du rapport précisent que cela ne représente qu’un tiers de 1 % de la capacité que le solaire et l’éolien terrestre ont dû couvrir avant de devenir aussi bon marché.

Une source d’énergie renouvelable fiable

L’un des aspects les plus intéressants de l’évent reste sa fiabilité. Contrairement à l’énergie solaire et éolienne, le mouvement des vagues est relativement constant et prévisible, ce qui permet de compenser la demande du réseau lorsque le temps est couvert ou que le vent est faible. En d’autres termes : à grande échelle, un tel système nécessite beaucoup moins de batteries, dont le coût peut être prohibitif.

L’unité de démonstration de Wave Swell a été construite en Tasmanie, mais la société s’intéresse désormais aux marchés européens et américains, où les progrès technologiques dans le domaine de l’énergie houlomotrice et marémotrice bénéficient d’un plus grand soutien économique.

Si les nations insulaires de faible altitude, comme les Maldives, pourraient être les endroits les plus prometteurs pour accueillir la technologie UniWave, ces pays sont les plus vulnérables au changement climatique (montée du niveau de la mer, érosion côtière et phénomènes météorologiques extrêmes). Pour s’en protéger, il faudrait élever d’immenses digues, comme celle qui est actuellement déployée autour des côtes des Pays-Bas.

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