L’impact d’un astéroïde il y a 66 millions d’années pourrait avoir entraîné l’extinction massive de 75 % de toute la vie sur Terre, y compris les dinosaures terrestres et marins. Mais de nouvelles recherches ont montré que les lichens étaient étonnamment résistants et se développaient rapidement pendant que d’autres plantes mouraient.

Champions de l’adaptation

Les lichens sont des champignons et des algues qui vivent en symbiose et fonctionnent comme un seul organisme. On les retrouve partout dans l’écosystème, notamment sur les arbres et les rochers. L’algue synthétise la matière organique à partir du dioxyde de carbone (CO2) de l’air et du rayonnement solaire (photosynthèse). En contrepartie, le champignon prélève dans le milieu l’eau et les sels minéraux indispensables à la symbiose lichénique, ce qui permet à l’organisme de prospérer dans des environnements où les plantes ou les champignons seuls auraient normalement du mal à survivre.

L’astéroïde responsable de l’extinction du Crétacé a soulevé des nuages de cendres et de débris, bloquant le rayonnement solaire. Comme les lichens utilisent la lumière du soleil pour la photosynthèse, les scientifiques pensaient jusqu’à récemment que cela les avait largement impactés, mais selon cette nouvelle étude parue dans la revue Scientific Reports, ces organismes sont parvenus à s’adapter très rapidement, en tirant profit de la quantité importante de matière végétale en décomposition pour prospérer et remplacer les plantes au sein de l’écosystème.

Une étude essentielle

Comme l’a expliqué Jen-Pang Huang, auteur principal de l’étude : « Nous pensions que les lichens seraient affectés négativement par ces changements, mais dans les trois groupes que nous avons examinés, ils ont réussi à s’adapter et ont prospéré rapidement. » Afin d’établir leur arbre généalogique, les chercheurs ont établi les séquences ADN de plusieurs familles de lichens modernes et les ont ensuite entrées dans un logiciel afin de les comparer à celles de plusieurs fossiles. Ce qui leur a permis de constater que ces organismes avaient connu un véritable « boom » il y a 66 millions d’années.

Avoir une idée plus précise de la façon dont les lichens ont survécu à l’extinction du Crétacé va aider les scientifiques à mieux quantifier l’impact des changements climatiques sur la biodiversité. Selon les auteurs de l’étude : « Il est essentiel de documenter au mieux les différents organismes vivants, car une bonne partie d’entre eux pourrait un jour être amenée à disparaître. Les lichens représentent par ailleurs d’excellents indicateurs environnementaux. Les étudier nous permet notamment de déduire la qualité de l’air ainsi que les niveaux de pollution. »

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