Les trous noirs sont censés cacher un point où les équations s’arrêtent : la singularité. Une étude théorique propose pourtant un autre scénario. Dans certains modèles, leur cœur pourrait rester plus régulier que prévu.

Le rayonnement de Hawking pourrait changer l’intérieur du trou noir
Francesco Di Filippo étudie un trou noir sphérique et chargé électriquement, formé par effondrement gravitationnel puis soumis au rayonnement de Hawking. Ce rayonnement, prédit dans les années 1970, ferait perdre lentement de l’énergie aux trous noirs par des effets quantiques près de l’horizon.
Dans son modèle, deux effets agissent ensemble : l’évaporation liée au rayonnement de Hawking et la répulsion électromagnétique due à la charge. Cette combinaison pourrait empêcher l’effondrement d’aboutir à une singularité. L’idée reste théorique, mais elle montre que les équations semi-classiques gardent peut-être plus de ressources qu’on ne le pensait.
Une piste prudente, pas une preuve sur les vrais trous noirs
L’étude vise aussi l’horizon de Cauchy, une frontière interne où la prédiction devient instable. Dans le scénario proposé, cette frontière ne se forme pas non plus. Le trou noir resterait donc plus régulier, avec une géométrie encore calculable au lieu d’une zone où la physique perd ses repères.
La prudence reste essentielle. Les vrais trous noirs tournent, avalent de la matière et ne sont probablement pas aussi chargés que ce modèle idéal. La rotation pourrait jouer un rôle comparable à la charge, mais cela reste à vérifier. Pour l’instant, cette théorie ne remplace pas la gravité quantique : elle suggère seulement que le rayonnement imaginé par Hawking pourrait aider certains modèles de trous noirs à éviter le gouffre infini.