— Jane Rix / Shutterstock.com

Une étonnante variété d’organismes marins a été découverte à des centaines de mètres sous la glace de l’Antarctique, incluant des coraux, des bivalves, des mousses, des escargots et des vers marins.

Plus de 70 espèces identifiées

En 2018, une équipe de recherche allemande avait foré la plateforme glaciaire d’Ekström et prélevé des échantillons dans deux zones du fond marin situé juste en dessous. Détaillée dans la revue Current Biology, l’analyse des échantillons suggère que cet environnement isolé et obscur abrite pas moins de 77 espèces, soit un nombre supérieur à celles identifiées par l’ensemble des études antérieures sous les glaces de l’Antarctique.

« C’est un aperçu fascinant de l’un de nos habitats les moins connus », estime David Barnes, du British Antarctic Survey, qui a étudié les organismes au microscope. « Ces deux échantillons sont très riches, mais ce qui saute vraiment aux yeux, c’est la richesse des bryozoaires [ou animaux-mousse]. »

La datation au radiocarbone montre que certains des bryozoaires sont âgés de plusieurs milliers d’années. Selon l’équipe, la présence de ces organismes, passant la majorité voire la totalité de leur vie immobiles, dans un environnement aussi hostile et pauvre en nourriture suggère qu’ils survivent grâce au phytoplancton transporté par des courants encore mal connus sous les plateformes glaciaires.

Une partie des espèces observées par les chercheurs

À la surprise de Barnes, ces espèces semblent se développer aussi rapidement que leurs cousines observées sur les plateaux continentaux en eau libre, ce qui souligne une nouvelle fois la capacité d’adaptation spectaculaire de la vie.

Des environnements extrêmes plus habitables que prévu

Ces recherches font suite à une autre étude menée plus tôt cette année, ayant permis de découvrir une étonnante variété d’éponges sur un bloc rocheux situé à 900 mètres sous la plateforme glaciaire de Filchner-Ronne, près de la péninsule antarctique.

« La variété de la vie trouvée cette fois-ci suggère que les environnements situés profondément sous la glace sont plus habitables qu’on ne le pensait », estime Barnes. « La vie est vraisemblablement capable de subsister sous une couverture de glace nettement plus importante qu’estimé jusqu’à présent. »

Les auteurs de l’étude notent toutefois que cet habitat intact et haut lieu de biodiversité pourrait être le premier à disparaître lorsque les plateformes glaciaire de l’Antarctique s’effondreront, en raison du changement climatique.

COMMENTEZ

avatar
  S’abonner  
Notifier de