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Malgré les nombreux problèmes imposés par la pandémie de Covid-19, certaines régions du monde ont dû continuer à déployer leurs efforts pour lutter contre d’autres épidémies. Ce fut le cas en Guinée qui a dû faire face à sa deuxième épidémie d’Ebola. Heureusement, les autorités sanitaires du pays ont bien maîtrisé la situation, et la fin de l’épidémie a été officiellement annoncée.

Une victoire que l’on doit à l’expérience acquise durant la précédente épidémie

Le 19 juin dernier, la Guinée a été officiellement déclarée exempte d’Ebola, après avoir passé la période obligatoire sans nouveau cas confirmé ou probable. Quarante-deux jours se sont en effet écoulés depuis que la dernière personne en Guinée soupçonnée d’être porteuse de la maladie a été testée négative au virus Ebola pour la deuxième fois. « Vous vous souviendrez que le 14 février, nous avons signalé pour la deuxième fois l’épidémie de maladie à virus Ebola dans la communauté rurale de Gouecke, ici dans la préfecture de N’Zerekore », a déclaré Remy Lamah, le ministre guinéen de la Santé, durant une cérémonie officielle.

« Après seulement quatre mois, je suis heureux aujourd’hui de déclarer solennellement la fin de la résurgence de l’épidémie de maladie à virus Ebola en Guinée », a-t-il fièrement ajouté. Rappelons que cette récente épidémie a causé 12 décès pour 16 cas confirmés et 7 cas probables, a rapporté l’OMS. C’est un bilan léger par rapport à la première épidémie du pays qui a eu lieu entre 2014 et 2016. Durant cette précédente épidémie de maladie à virus Ebola, l’Afrique de l’Ouest avait alors enregistré 11 300 décès, principalement en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone. Si la deuxième épidémie en Guinée a été de si courte durée et a été si bien maîtrisée, c’est grâce aux leçons que le pays a tirées de la précédente épidémie.

« Sur la base des enseignements tirés de l’épidémie de 2014-16 et grâce à des efforts de réponses rapides et coordonnés… la Guinée a réussi à contrôler l’épidémie et à empêcher sa propagation au-delà de ses frontières », a ainsi confirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, dans un communiqué. Parmi les mesures prises pour lutter contre cette épidémie, une campagne de vaccination contre l’Ebola a commencé au mois de février en Guinée. À cet effet, l’OMS avait fourni 24 000 doses de vaccin au pays, et cela a permis de vacciner environ 11 000 individus, a rapporté Reuters. Parmi ces vaccinés, plus de 2 800 étaient des agents de santé de première ligne.

Une expertise à appliquer dans la lutte contre le Covid-19

Rappelons que l’Ebola est une fièvre hémorragique hautement contagieuse qui provoque une série de symptômes, notamment de la fièvre, des vomissements, de la diarrhée, des douleurs ou des malaises généralisés et, dans de nombreux cas, des hémorragies internes et externes. La maladie se transmet par contact étroit avec des fluides corporels, et les personnes qui vivent avec des patients ou qui s’occupent de ces derniers sont donc les plus à risque. Au cours de la première épidémie, la population avait exprimé de la réticence et beaucoup d’hostilité envers les mesures de lutte contre l’Ebola, d’où la grave propagation de la maladie durant cette période.

Même si l’épidémie d’Ebola en Guinée est officiellement terminée, l’OMS et les autorités sanitaires du pays rappellent qu’il faut rester vigilant face à une éventuelle résurgence de la maladie. Quoi qu’il en soit, l’organisation souligne l’importance de l’expérience acquise durant cette épidémie. « Nous devons rester vigilants face à une éventuelle résurgence et veiller à ce que l’expertise sur l’Ebola s’étende à d’autres menaces pour la santé telles que le Covid-19 », a déclaré Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. Enfin, l’OMS a précisé que les soutiens de l’organisation dans la lutte contre l’Ebola en Guinée ne cessaient pas avec la fin de l’épidémie. Ces aides concernent notamment les préventions de la maladie et le soutien apporté aux survivants.

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