Pour la première fois, un vaccin contre Ebola a été approuvé par une autorité majeure de santé. Celui-ci, déjà en circulation depuis quelques années dans les régions les plus touchées par le virus, verra ses conditions de distribution facilitées pour  répondre aux contagions récentes et éviter la création de nouveaux foyers épidémiques.

Pour la première fois, un vaccin approuvé 

Le 11 novembre dernier, la Commission européenne, à l’initiative de l’Agence européenne des médicaments (EMA), a approuvé un vaccin afin de mieux répondre à la nouvelle vague de contagions du virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC). C’est la première fois qu’un vaccin contre Ebola est approuvé. Le virus très contagieux, qui provoque des diarrhées, vomissements et hémorragies, a fait plus de 2000 morts depuis la deuxième épidémie récente, débutant l’année dernière.

Entre 2013 et 2016, une première large épidémie meurtrière avait fait plus de 11 200 morts en Afrique de l’Ouest. 

L’approbation des instances européennes « fait une grande différence » dit David Heymann, épidémiologiste à la London School of Hygiene and Tropical Medicine. Si le vaccin est déjà utilisé depuis 2014, cette confiance accordée au vaccin du laboratoire américain Merck permettra une meilleure diffusion du vaccin dans les régions touchées. La revue Nature explique que Gavi Alliance, un partenariat de santé mondiale basé à Genève offrant un financement de la distribution des vaccins dans les pays en ayant le plus besoin, avait promis aux laboratoires produisant des vaccins qu’elle couvrirait les immunisations après une reconnaissance du produit par une autorité de santé, telle que l’EMA.

Utilisé depuis longtemps

Ce vaccin, breveté en 2003, a notamment été utilisé pour faire face à la récente épidémie qui semble enfin s’affaiblir, ou en Guinée en 2015. Depuis l’année dernière, des centaines de milliers de personnes ont reçu le vaccin Merck, dont plus de 60 000 personnels de santé particulièrement exposés. Celui-ci est considéré comme particulièrement efficace, avec jusqu’à 100 % d’efficacité dans des essais conduits en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.

« Ce vaccin présente un potentiel énorme », explique Seth Berkley, PDG de Gavi, dans un communiqué de presse. « Il a déjà été utilisé pour protéger plus de 250 000 personnes en RDC et pourrait bien faire des épidémies critiques d’Ebola une chose du passé. » En effet, ce vaccin pourrait endiguer le développement rapide d’épidémies d’Ebola faisant des milliers de morts en quelques mois, offrant la possibilité de mieux contrôler le développement du virus. 

Image d’illustration, prise lors d’une campagne de vaccination contre le tétanos, RDC, 2008 — Valeriya Anufriyeva / Shutterstock.com

Des recherches complémentaires nécessaires pour une protection à long terme 

Heymann avertit que « les recherches ne sont pas terminées ». En effet, la protection offerte par le vaccin Merck n’offre pas une protection infinie. De futurs tests et études devront être conduits pour déterminer précisément la durée de protection du vaccin Merck ainsi que sa potentielle compatibilité avec un vaccin de rappel pour prolonger l’immunité qu’il fournit, afin de pouvoir protéger au mieux les personnes les plus exposées, comme les personnels de santé. 

Le vaccin Merck répond à l’espèce Zaïre du virus Ebola, à l’origine des contagions massives de 2013 à 2016 et celle de 2018. Une priorité sera donc le développement de vaccins sur d’autres formes du virus, telles que l’espèce Soudan, qui a causé au moins sept épidémies depuis 1976. 

Sept autres vaccins sont aujourd’hui à divers stades de développement. Le 12 novembre, l’OMS a annoncé que le produit Merck était « préqualifié », ce qui signifie qu’il répond à des normes précises de qualité, d’efficacité et de sécurité. Un critère très regardé par des agences de santé de l’ONU, Gavi, ainsi que diverses agences nationales, pour l’élaboration de plans de vaccination à grande échelle. Cette certification de l’EMA est donc un vrai pas en avant dans le combat contre le virus, dans la prévention de l’apparition de nouveaux foyers épidémiques. 

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