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Au large de la Turquie, des archéologues découvrent la plus ancienne épave de navire connue

« Elles nous offrent un aperçu précieux du commerce maritime méditerranéen précoce »

Image d’illustration — imagIN.gr photography / Shutterstock.com

Des fouilles sous-marines au large de la côte sud de la Turquie ont conduit à la découverte de ce que les archéologues décrivent comme la plus ancienne épave connue, vieille de plus de quatre millénaires.

L’épave antique de Kekova

Ces vestiges antiques avaient initialement été repérés en 2024, près de l’île de Kekova, le long de la côte méditerranéenne turque. Si l’essentiel du bois de sa coque s’est décomposé depuis longtemps, il y a quelques semaines, Hakan Öniz, de l’université d’Antalya, et ses collègues ont récupéré et étudié sa cargaison, composée d’une trentaine de jarres de stockage.

Gisant à une trentaine de mètres de profondeur, ces amphores présentaient une forme caractéristique de l’âge du bronze ancien, avec des anses latérales et un fond plat. Les similitudes avec celles précédemment trouvées au Levant et en Égypte ont permis de situer leur fabrication entre 2 700 et 2 400 avant notre ère.

« Elles nous offrent un aperçu précieux du commerce maritime méditerranéen précoce », a déclaré Öniz. « À mesure qu’il se développait, les marchands se sont tournés vers des jarres au fond effilé, qui pouvaient être empilées plus facilement sur les navires. »

De légères variations laissent penser que ces récipients provenaient de différents ateliers et localités de la région, tandis que la taille de la cargaison suggère que le navire aurait mesuré une dizaine de mètres de long. Ayant probablement quitté un port situé le long de la côte orientale de la Méditerranée chargé d’huile d’olive ou de vin, il faisait route vers l’île grecque de Crète, ou l’ancienne cité de Troie, dans le nord-ouest de l’actuelle Turquie.

Naufrages antiques

À une certaine distance des amphores, ce sont plusieurs ancres en pierre qui ont été découvertes. Celles-ci auraient pu être jetées par l’équipage lors d’une violente tempête. « Cette portion du littoral était exposée à des vents violents et à de forts courants, ce qui la rendait particulièrement piégeuse », précise Öniz.

Si la plupart des épaves découvertes le long de la côte méditerranéenne turque datent des époques romaine ainsi que byzantine, en 1982, des archéologues avaient identifié au large de la ville de Kas les restes d’un navire datant de la fin de l’âge du bronze. Ayant sombré vers 1 300 avant notre ère, il transportait de véritables « trésors » antiques, comprenant ébène, ivoire, œufs d’autruche ainsi que bijoux.

Jusqu’à présent, la plus ancienne épave connue était celle d’un navire s’étant abîmé près de l’actuelle île grecque de Dokos il y a 4 200 ans. En 2024, des archéologues israéliens avaient annoncé la découverte de l’épave en haute mer la plus ancienne au monde, vieille de 3 300 ans.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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