épave Angleterre
Image d’illustration — Simon Annable / Shutterstock.com

Alors qu’ils draguaient une carrière de gravier, des ouvriers du Kent, dans le sud de l’Angleterre, sont tombés sur un trésor archéologique rare : les vestiges d’un navire datant du XVIe siècle.

Le reflet d’une époque dynamique

Peu de navires de l’époque élisabéthaine ayant survécu, cette découverte intervenue à environ 300 mètres du littoral le plus proche éclaire une « grande période de changement dans la construction navale et la navigation maritime », selon les archéologues de Wessex Archaeology. Afin de déterminer l’âge de la structure, ces derniers ont examiné le schéma de croissance des cernes de centaines de poutres en bois la composant, indiquant que celle-ci était composée de chênes anglais ayant poussé entre 1558 et 1580.

Une datation appuyée par la méthode de construction du navire. Consistant à ériger sa charpente interne puis à ajouter les planches qui formeraient sa coque extérieure, celle-ci se distinguait de l’approche traditionnelle « en clinker », prisée des Vikings, qui consistait à faire se chevaucher les planches.

« Cette technique émergente était utilisée par les constructeurs navals d’Europe du Nord pour assembler les navires destinés à explorer les côtes atlantiques du Nouveau Monde et y accoster », expliquent les archéologues dans un communiqué.

Durant la seconde moitié du XVIe siècle, la Manche constituait une voie de passage très fréquentée par les navires commerciaux. Si le nom et la fonction exacts de l’embarcation demeurent inconnus, elle reflète « une époque dynamique marquée par l’essor du commerce maritime, dans lequel les navires et ports anglais ont joué un rôle prépondérant ».

Une couche de limon protectrice

Les chances que l’épave (qui aurait été abandonnée ou se serait échouée sur la côte anglaise, à l’époque plus reculée) persiste jusqu’à nos jours étaient minces. Alors que le bois exposé à l’eau et à l’air ne met généralement que quelques années avant de pourrir, dans ce cas, la formation d’une couche de limon a permis de la préserver pendant des siècles.

L’équipe s’appuie actuellement sur la photographie numérique et les technologies de balayage laser pour étudier le navire. Une fois son analyse terminée, elle prévoit de le ré-enfouir afin d’éviter qu’il ne se détériore.

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