épave
Image d’illustration — JackDiver / Shutterstock.com

Le gouvernement canadien a annoncé la découverte de centaines d’objets au cours de récentes fouilles du HMS Erebus, épave tristement célèbre s’étant abîmée dans les eaux arctiques il y a près de deux siècles.

Percer les secrets du HMS Erebus et du HMS Terror

En mai 1845, deux navires quittaient l’Angleterre à la recherche de l’insaisissable passage du Nord-Ouest, entre les océans Atlantique et Pacifique. Une quête des plus périlleuses dont le commandant John Franklin et ses 128 membres d’équipage ne reviendraient pas. Il a respectivement fallu attendre 2014 et 2016 pour que des archéologues localisent les épaves du HMS Erebus et du HMS Terror, dans les eaux glacées bordant une île du Nunavut, territoire le plus septentrional du Canada.

Après avoir manqué deux saisons archéologiques à cause de la pandémie de Covid-19, les équipes sont retournées sur le site de l’Erebus, considéré comme le plus vulnérable des deux navires, en avril et mai 2022. Un camp de glace a été déployé au-dessus de l’épave afin de faciliter son exploration, et des données recueillies à l’aide d’un submersible télécommandé.

L’équipe est revenue sur le site en septembre. Au cours de cette nouvelle session, les archéologues ont pu passer jusqu’à deux heures d’affilée sous la surface grâce à des combinaisons de plongée chauffées, explorant pour la première fois ce qu’ils pensent être la cabine du second lieutenant, et poursuivant l’excavation de celle du troisième lieutenant ainsi que d’une partie du garde-manger de l’intendant.

Au cours des 56 plongées effectuées l’année dernière, quelque 275 artefacts ont pu être remontés de l’épave de l’Erebus, incluant un folio en cuir gaufré, un verre de monocle, des épaulettes de lieutenant (visibles dans le tweet en fin d’article), de la vaisselle, des plateaux ainsi que du matériel à dessin.

Une détérioration des épaves accélérée par le changement climatique

L’équipe de recherche a constaté que l’épave de l’Erebus avait subi d’importants changements physiques en l’espace de deux ans. Une détérioration accélérée qui serait très probablement due aux vagues générées par les tempêtes arctiques, devenant plus fréquentes à mesure que le changement climatique s’intensifie et que la couverture de glace se réduit.

« Situées dans l’un des environnements marins les plus uniques et les plus sensibles de la planète, les HMS Erebus et Terror comptent parmi les épaves en bois les mieux préservées au monde », a déclaré dans un communiqué Steven Guilbeault, ministre canadien de l’Environnement.

« La recherche archéologique continue de faire progresser notre compréhension de l’impact des conditions climatiques changeantes sur la région et nous aide à préserver et à protéger un patrimoine naturel et culturel irremplaçable. »

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