Les chercheurs de la start-up française Carbios, spécialisée dans le domaine de la chimie biologique, ont mis au point une enzyme bactérienne optimisée à même de décomposer les bouteilles en plastique en quelques heures seulement.

Une tonne de bouteilles en plastique dégradées à 90 % en 10 heures seulement

Carbios a expliqué que l’enzyme modifiée par ses chercheurs, qui avait été originellement identifiée en 2012 par des scientifiques japonais, avait permis de réduire des bouteilles en plastique PET en éléments chimiques pouvant être utilisés pour fabriquer du plastique de qualité alimentaire et de nouvelles bouteilles.

Lors de tests réalisés en laboratoire, l’utilisation de l’enzyme optimisée a permis de décomposer une tonne de bouteilles en plastique, dégradées à 90 % en 10 heures seulement. Jusqu’à présent, les technologies de recyclage existantes ne permettaient que de transformer les déchets plastiques en un substitut de fibres destinées à la confection de vêtements synthétiques ou de tapis. « Cette enzyme hautement efficace et optimisée surpasse toutes les hydrolases PET documentées à ce jour », ont notamment précisé les scientifiques.

Présentées dans la revue Nature, ces recherches n’ont pas manqué d’attirer l’attention de plusieurs poids lourds de l’industrie. L’entreprise française, qui vise une utilisation de l’enzyme à l’échelle industrielle d’ici 5 ans, s’est en effet associée à Pepsi et L’Oréal et a annoncé en début d’année avoir trouvé un accord avec la société de biotechnologie danoise Novozymes, leader mondial des technologies enzymatiques, afin de pouvoir produire les quantités nécessaires pour atteindre cet objectif.

Les chercheurs ont introduit des mutations afin d’améliorer la capacité de l’enzyme à décomposer le plastique PET, dont sont constituées la plupart des bouteilles. Ils l’ont également rendue stable à 72 °C, proche de la température idéale pour une dégradation rapide. Selon Carbios, le coût de production de l’enzyme ne représente que 4 % de celui du plastique vierge fabriqué à partir du pétrole.

Un coût inférieur à celui du plastique recyclé de moindre qualité

Il convient toutefois de noter que les bouteilles usagées doivent être broyées et chauffées avant que l’enzyme ne soit ajoutée, de sorte que le coût total du polyéthylène téréphtalate recyclé, ou PET, obtenu reste assez élevé. Mais Carbios a rappelé que le plastique recyclé de moindre qualité se vendait aujourd’hui plus cher en raison d’une pénurie d’approvisionnement.

S’il reste évident qu’une réduction de l’utilisation du plastique contribuera à limiter la pollution associée, Martin Stephan, directeur général adjoint de Carbios, a rappelé que celui-ci se révélait également très utile dans plusieurs secteurs essentiels (médical, transports, agro-alimentaire). Selon lui, il est essentiel d’améliorer la collecte des déchets plastiques, sachant qu’environ 50 % d’entre eux finissent aujourd’hui dans la nature ou les décharges.

La recherche de moyens biologiques pour décomposer d’autres types de plastiques répandus progresse également ailleurs dans le monde. En mars, des chercheurs allemands ont identifié un insecte se nourrissant de polyuréthane, tandis que des travaux antérieurs avaient montré que les larves de fausse teigne, généralement utilisées comme appâts pour les poissons, pouvaient dégrader les sacs en polyéthylène.

— Teerasak Ladnongkhun / Shutterstock.com

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JP Raumer

« des chercheurs allemands ont identifié un insecte se nourrissant de polyuréthane ». On va avoir des parasites qui grignotent nos isolations comme d’autres s’attaquent à la charpente !