Pour le divertissement des touristes, les éléphants subissent d’innombrables atrocités

World Animal Protection, une organisation non gouvernementale, a récemment publié une étude sur les conditions de vie des éléphants utilisés à des fins touristiques. Et elles sont tout simplement inacceptables dans des pays comme l’Inde et la Thaïlande. 

Les pays d‘Asie et les attractions

C’est dans les pays les plus touristiques et comptant le plus d’animaux que les conditions sont les plus déplorables. Les animaux comme les éléphants demandent des soins et un environnement particulier, or cela n’est pas respecté. D’après le constat de World Animal Protection (WAP), l’Inde et la Thaïlande sont les pays où il fait le moins bon vivre pour ces pachydermes. A l’inverse, au Cambodge, ils sont beaucoup moins nombreux, l’activité touristique est moins développée, mais les éléphants sont bien traités.

Un éléphant

Le Phajaan

Ce qui explique en partie cette maltraitance, c’est l’existence d’un rituel qui veut séparer le corps et l’esprit de l’animal. Comme on peut se l’imaginer, cette pratique ancestrale est un vraie torture puisqu’elle consiste à briser l’éléphant jusqu’à ce qu’il obéisse au doigt et à l’oeil. Les jeunes éléphants sont séparés de leur mère très tôt puis mis en cage et enchaînés. Il sont alors battus, privés de sommeil, affamés et assoiffés. Et ce, jusqu’à ce que le dresseur estime que l’animal est dompté. En général, le Phajaan dure de 4 à 6 jours et selon les chiffres, la moitié des éléphants endurant ce rituel y succombe.

Des éléphants

L’étude du WAP

Dans l’étude des chercheurs du WAP, les éléphants recensés sont au nombre de 2923 avec 2198 pachydermes en Thaïlande, 617 en Inde, 166 au Sri Lanka, 147 au Népal, 59 au Laos et 36 au Cambodge. Les attractions avec ces animaux représentent 90 % de l’activité touristique de ces pays. C’est donc une part de marché non négligeable.

D’après l’étude du WAP, sur 220 attractions visitées « quand ils ne sont pas utilisés pour des promenades ou des spectacles, les éléphant sont enchaînés jour et nuit, le plus souvent avec une chaîne de moins de 3 mètres de long ». De plus, le rapport stipule que « la nourriture qui leur est donnée n’est pas bonne, ils ont des soins vétérinaires limités et sont souvent gardés dans des endroits stressants, avec de la musique forte ou des groupes de touristes, sur un sol en ciment ».

Un éléphant (2)

Un avenir moins sombre

La maltraitance des éléphants continuent parce que les touristes, enthousiastes de voir des éléphants accomplir toutes sortes d’activités, affluent chaque année. La prise de conscience générale peut aider au bien-être de ces animaux. De plus, les éléphants ainsi traités peuvent devenir dangereux, 100 dresseurs sont ainsi tués chaque année. Et les éléphants ainsi inutilisables sont alors abattus. Un autre type d’activité touristique fait cependant actuellement son apparition en Thaïlande. En effet, le tourisme des éléphants qui existe depuis près de 30 ans voit apparaître des parcs à éléphants alternatifs. Là, pas de balades à dos d’éléphants mais seulement leur observation.


A ceux qui osent, rien n’est impossible.

— Matthew Gregory Lewis