L’électrosensibilité est une “souffrance réelle” selon ce nouveau rapport de l’Anses

Nouveau pas dans la reconnaissance des personnes électrosensibles. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de publier un nouveau rapport. Celui-ci induit le besoin de prendre en charge les personnes sensibles à l’exposition des ondes électromagnétiques.

Vers une prise en charge des électrohypersensibles ?

Tous les électrohypersensibles n’ont pas les mêmes symptômes. Cette « allergie aux ondes électromagnétiques », se présente parfois sous la forme de maux de tête, de nausées, ou encore de troubles du sommeil. Cela représente une variété de troubles incommodants pour les personnes concernées, contraints de s’éloigner des téléphones portables, antennes relais ou des réseaux Wi-Fi.

L’Anses s’est armée de quarante experts (spécialistes en épidémiologie, médecins, biologistes, etc.) pour mener à bien cette étude qui s’est étendue sur une période de quatre ans. À ces recherches, se rajoute l’audition de médecins hospitaliers et généralistes, les associations et collectifs de citoyens, ainsi que les élus et les personnes concernées : les électrosensibles. Recommandation finale dans son rapport : l’Anses privilégie une « prise en charge adaptée » pour les électrohypersensibles (EHS).

« Les douleurs et la souffrance formulées par les personnes se déclarant EHS correspondent à une réalité », explique le rapport. Une avancée dans la reconnaissance de cette maladie, toutefois limitée puisqu’« aucune preuve expérimentale solide ne permet actuellement d’établir un lien de causalité entre l’exposition aux champs électromagnétiques et les symptômes décrits ».

L’effet nocebo désormais nuancé pour les EHS

Le dictionnaire Larousse définit l’effet nocebo comme une « apparition d’effets indésirables bénins, surtout d’origine psychologique, après administration d’un médicament inactif ou qui ne peut lui-même produire ces effets ».

Il est difficile pour les chercheurs d’affirmer un lien entre ondes électromagnétiques et électrosensibilité. Pour l’Anses, l’effet nocebo « joue certainement un rôle non négligeable dans la persistance de l’EHS ». Le propos est nuancé puisque l’Anses affirme que cet effet n’écarte pas « une affection organique non identifiée ».

Pour vérifier le lien de causalité entre champs électromagnétiques et symptômes, les chercheurs ont effectué des études de « provocation ». Ils ont ainsi soumis des personnes aux ondes électromagnétiques, ces démarches n’ont toutefois pas montré l’apparition de « symptômes ou d’anomalies biologiques ou physiologiques spécifiques à l’EHS ». Dans ce contexte, l’Anses souhaite poursuivre les recherches « en renforçant les interactions entre scientifiques et associations de personnes se déclarant EHS ».

Une avancée dans le « désir d’être pris au sérieux » des électrosensibles

Les patients électrosensibles révèlent un « besoin de reconnaissances » de leurs symptômes, avec des maux actuellement « inexpliqués sur le plan médical », comme l’expliquait déjà l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2004.

Pour les associations, ce rapport met le cap vers une « bonne direction » : « cet avis constitue une vraie avancée pour la prise en considération d’une pathologie émergente qui provoque beaucoup d’incompréhension et de souffrance, dans la vie professionnelle, sociale et personnelle des patients », se réjouit Sophie Pelletier, présidente de l’ONG PRIARTEM (Pour Rassembler, informer et agir sur les risques liés aux technologies électromagnétiques).

Elle poursuit : « Ses préconisations en termes de recherche et de prise en charge vont dans le bon sens. Reste maintenant aux pouvoirs publics, au corps médical et aux institutions à s’en saisir. »


Conquérir sa joie vaut mieux que de s’abandonner à sa tristesse.

— André Gide