De nouvelles recherches montrent que la combinaison des conditions météorologiques extrêmes amplifiées par le réchauffement climatique et de la pression exercée localement par l’activité humaine entraîne un effondrement de la biodiversité des écosystèmes tropicaux.

Un véritable désastre écologique

Les tropiques représentent les zones du globe les plus riches en termes de biodiversité. Certaines forêts tropicales humides abritent plus d’espèces que des continents entiers, et on estime que les récifs coralliens tropicaux possèdent la plus grande biodiversité de tous les écosystèmes marins de la planète. Mais comme le montre cette nouvelle étude présentée dans la revue Philosophical Transactions of the Royal Society, ces écosystèmes se trouvent fortement menacés par le changement climatique, les catastrophes naturelles en découlant ainsi que les activités d’origine humaine.

Après avoir analysé l’impact des ouragans, des inondations, des vagues de chaleur (y compris océaniques), des sécheresses et des incendies sur la biodiversité de plus de 100 sites tropicaux (forêts humides, récifs coralliens…), les chercheurs ont conclu que combinés aux activités humaines (exploitation des énergies fossiles, surpêche, pollution…) et au réchauffement global, ces évènements représentaient un véritable désastre écologique. Afin d’illustrer ce constat, les chercheurs évoquent notamment les îles des Caraïbes, qui ont vu leurs populations d’animaux sauvages être réduites de plus de 50 % au fil des années.

« De nombreuses menaces locales pesant sur les forêts tropicales et les récifs coralliens réduisent la diversité et le fonctionnement de ces écosystèmes. Ce qui va avoir pour conséquence directe de limiter leur capacité à faire face ou à se remettre de conditions climatiques extrêmes », note Filipe França, auteur principal de l’étude.

— Quick Shot / Shutterstock.com

Le rôle clef des écosystèmes tropicaux

Sur de longues périodes de temps, les écosystèmes sont normalement capables de s‘adapter afin de supporter des conditions climatiques changeantes, mais le réchauffement rapide de la planète lié aux activités humaines les affaiblit grandement. La hausse des températures et les sécheresses de plus en plus fréquentes et intenses rendent les forêts tropicales plus vulnérables aux incendies, tandis que les vagues de chaleur marine accélèrent le blanchissement des coraux et fragilisent les récifs.

Afin d’illustrer l’importance de la disparition de certaines espèces animales dans l’amplification de ce phénomène, les chercheurs évoquent notamment les bousiers, qui participent à la régénération des forêts en déplaçant les fèces déposées par les mammifères frugivores et dispersent les graines à courte distance.

Comme l’ensemble des autres espèces, l’homme a besoin d’écosystèmes sains et diversifiés pour survivre, et il se trouve que les forêts et récifs coralliens jouent un rôle clef en contribuant à réguler les niveaux de carbone dans l’atmosphère. C’est pourquoi les scientifiques appellent dès à présent à une action locale afin de protéger et de restaurer ce type d’écosystèmes, qui devra être combinée à une réduction importante et immédiate des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale.

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