Une éducation trop stricte augmente le risque de troubles de la santé mentale chez les enfants

Ils présenteraient un risque plus élevé de développer des troubles mentaux, et ce, sur long terme

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© Chinh Le Duc / Unsplash

Pour beaucoup de gens, la discipline infantile évoque des images de longs sermons et de punitions sévères. Cependant, des recherches récentes révèlent un lien inquiétant entre des pratiques disciplinaires sévères et des problèmes de santé mentale à long terme chez les enfants.

Adopter une éducation sévère, une bonne idée ?

Certes, la discipline est nécessaire dans l’éducation des enfants, mais certains parents optent pour des formes trop sévères de la discipline. Nombreux sont ceux qui affirment que c’est le meilleur moyen pour que les enfants deviennent plus tard des adultes qui réussissent dans la vie. Mais est-ce vraiment le cas ? Selon une récente étude réalisée par les chercheurs de l’université de Cambridge et de l’University College Dublin, une discipline sévère n’est pas une bonne idée, dans la mesure où cela est lié à des problèmes de santé mentale durables chez les enfants.

En effet, d’après les résultats de l’étude publiée dans la revue Epidemiology and Psychiatric Sciences, les enfants qui sont sévèrement disciplinés dès leur plus jeune âge courent un risque plus élevé de développer des problèmes de santé mentale à long terme. Pour aboutir à leurs conclusions, les chercheurs ont mené l’enquête auprès d’environ 7 500 enfants irlandais lorsqu’ils étaient âgés de 3, 5 et 9 ans. Pour ce faire, leurs parents ont rempli des questionnaires standards évaluant les comportements d’intériorisation et d’extériorisation des enfants.

Les symptômes d’intériorisation sont liés aux émotions, c’est-à-dire lorsque les enfants sont constamment tristes, anxieux ou renfermés, par exemple. Et les symptômes d’extériorisation sont dirigés vers l’extérieur et incluent des problèmes tels que l’agressivité, l’impulsivité et le défi. Dans l’ensemble, les résultats de l’étude ont montré qu’environ 10 % des enfants ayant participé à l’étude présentaient une tendance à l’aggravation des symptômes d’intériorisation ou d’extériorisation au fil des ans. Autrement dit, ils se trouvaient dans une tranche à haut risque de mauvaise santé mentale, avec des symptômes d’anxiété, d’agressivité et de retrait social.

― Africa Studio / Shutterstock.com

Il est nécessaire de revoir la manière dont on élève nos enfants

Il s’est avéré que la manière dont les parents géraient le comportement de leurs enfants à l’âge 3 ans était essentielle à la trajectoire de santé mentale de ces derniers. Lorsque les parents obtenaient un score élevé (selon leurs propres rapports) sur l’échelle de la « parentalité hostile », leur enfant était 1,5 fois plus susceptible de développer une mauvaise santé mentale plus tard, à l’âge de neuf ans, par rapport aux enfants dont les parents avaient des scores plus faibles sur cette échelle. Les résultats ont également montré que les filles étaient plus susceptibles que les garçons d’appartenir à la catégorie à haut risque.

Notons qu’être un parent hostile peut signifier crier fréquemment sur les enfants, infliger des punitions de manière imprévisible, injurier ou punir physiquement un enfant. Face aux résultats de cette étude, les chercheurs enjoignent aux parents de revoir la manière dont ils élèvent leurs enfants. « Nous ne suggérons pas un seul instant que les parents ne devraient pas fixer de limites fermes au comportement de leurs enfants, mais il est difficile de justifier des mesures disciplinaires sévères et fréquentes, étant donné les implications pour la santé mentale », a expliqué Ioannis Katsantonis, auteur principal de l’étude.  

Par ailleurs, voici 9 choses que les parents n’ont pas le droit de faire d’après la loi.

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Bernard Ciochetti
1 mois

Les enfants, c’est comme la crème : les plus fouettés sont les meilleurs (Edmond de Goncourt)

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