
Au cœur des forêts tropicales d’Afrique de l’Ouest, une équipe d’ornithologues a observé une espèce d’oiseau au plumage chatoyant que l’on pensait disparue pour de bon : l’Échenilleur à barbillons.
Lobotos lobatus
Stephanie Bartlett et Paulo Ditzel, de l’International Bird Conservation Partnership, arrivaient au terme d’une expédition de six mois consacrée au recensement des oiseaux de la région, dont les environnements boisés et denses sont connus pour abriter des espèces emblématiques telles que l’éléphant de forêt, l’hippopotame pygmée ou le calao.
Alors qu’ils se trouvaient dans le parc national ivoirien de Taï, le duo a observé un mouvement dans la canopée, et les teintes caractéristiques du plumage d’une créature qu’ils ne pensaient pas revoir un jour. L’examen approfondi de leurs clichés et d’une courte séquence vidéo (qui se trouve être la première de l’espèce) a permis de confirmer qu’il s’agissait bien de Lobotos lobatus.
Comme l’explique le communiqué de l’International Bird Conservation Partnership, il s’agit des premiers témoignages visuels de l’Échenilleur à barbillons depuis 2013, lorsque l’espèce avait été photographiée dans la forêt ghanéenne d’Atewa. Alors que son habitat s’étendait historiquement aux forêts de la Sierra Leone, du Libéria, de la Côte d’Ivoire et du Ghana, leur exploitation et l’expansion agricole l’ont significativement réduit au cours des dernières décennies.
Ce petit passereau de la famille des Campephagidae mesure environ 21 centimètres pour un poids d’une trentaine de grammes. Reconnaissable à son plumage gris-brun, avec des parties inférieures plus claires, il présente également des caroncules jaunes très visibles autour des yeux et du bec. Insectivore, il se nourrit notamment de chenilles, de sauterelles et de mantes, qu’il capture dans la canopée.
À la recherche des oiseaux disparus
Auparavant, L. lobatus faisait partie des 126 oiseaux « disparus pour la science », pour lesquels il n’existe aucune observation confirmée remontant à moins de dix ans.
Impliquant l’ONG Re:wild, l’American Bird Conservancy et BirdLife International, l’initiative « Search for Lost Birds » a à ce jour permis de redécouvrir plus de 40 espèces.
Parmi elles, le Colibri de Santa Marta (Campylopterus phainopeplus), filmé pour la première fois en 2022 après plus de soixante ans sans observations, et l’alouette rousse. Supposée disparue depuis plus d’un siècle, Calendulauda rufa avait été photographiée plus tôt cette année par un duo français.