Voici pourquoi la disparition des éléphants est catastrophique pour la préservation des forêts

La relation fusionnelle entre les animaux et les végétaux est connue de tous, ne serait-ce que le rôle des abeilles dans le processus de pollinisation, et donc de reproduction, des fleurs qu’elles butinent. Les grands herbivores aussi ont un rôle extrêmement important à jouer dans la pérennisation des espèces animales comme le montre cette étude.

C’EST DONNANT-DONNANT

L’étude publiée sur Plos One se penche sur la relation entre un arbre thaïlandais, le Platymitra macrocarpa qui appartient à la même famille que l’attier qui produit des fruits que l’on appelle des pommes-cannelle, et les herbivores qui peuplent la région. Les chercheurs se sont intéressés sur le rôle que jouaient les membres de la mégafaune sur le processus de reproduction de ces arbres.

En effet, en mangeant les fruits des arbres, les animaux transportent en eux les graines de ces fruits qui retournent ensuite à la terre quelques mètres ou kilomètres plus loin par le biais des déjections des animaux. C’est donnant-donnant, l’arbre nourrit l’animal qui lui assure ensuite une descendance. Pour donner un chiffre, 78 % des graines qui ont été retrouvées dans la zone étudiée proviennent de fruits qui ont été mangés par ces animaux. Parmi eux on compte les ours, les gibbons, les sambars (de la famille des cervidés) et les éléphants d’Asie.

PRÉSERVER LES ÉLÉPHANTS, C’EST PRÉSERVER LA FORÊT

Parmi toutes ces espèces animales, l’éléphant est celui qui participe le plus activement à cette relation. En effet, l’étude a démontré que près de 37 % des graines de ces arbres qui ont germé provenaient de leurs déjections alors qu’ils ne consomment que 3 % des fruits disponibles. A titre de comparaison, les sambars ne sont responsables que de 17 % des graines en germination mais cela peut s’expliquer par le fait que leurs excréments sont plus appréciés par les insectes qui endommagent ensuite une partie des graines.

Toutefois, malgré de rendement, la population de Platymitra macrocarpa a drastiquement chuté ces dernières années. À cela, les chercheurs ont émis plusieurs hypothèses dont la première met en avant le rôle ancien des Rhinocéros de Java et de Sumatra avant qu’ils ne disparaissent de la région. En effet, il est possible que ces animaux aient eu un rôle aussi important que celui des éléphants dans la régulation de la faune. La seconde hypothèse, qui n’est pas moins alarmante, est que cette baisse est due à la baisse du nombre d’éléphants vivant ici à cause de la chasse et d’autres menaces. Leur disparition entraînera un manque à gagner pour la reproduction de la flore que les autres animaux risquent de ne pas pouvoir compenser et cela perturbera tout l’écosystème, à commencer par la régulation du CO2 permise par les arbres.


C’est impossible, dit la fierté. C’est risqué, dit l’expérience. C’est sans issue, dit la raison. Essayons, murmure le cœur.

— William Arthur Ward